Les électeurs israéliens étaient appelés aux urnes le mardi 27 octobre 2026 pour renouveler la Knesset. La journée a été marquée par une forte participation et une campagne tendue, sur fond de guerre à Gaza, de divisions politiques et de rivalité entre le Likoud de Benjamin Netanyahu et le bloc d’opposition emmené par Gadi Eisenkot. À l’approche de la fermeture des bureaux, aucun des deux camps ne semblait en mesure d’obtenir seul la majorité parlementaire.

Une participation élevée dès les premières heures

Trois heures après l’ouverture des bureaux de vote, le taux de participation atteignait 16,68 %, un niveau présenté comme le plus élevé depuis 1981. À la mi-journée, il approchait les 45 %, un record en plus de cinquante ans selon les chiffres rapportés pendant le scrutin.
La mobilisation a également conduit des Israéliens vivant à l’étranger à faire le déplacement pour voter. Dans un pays profondément divisé, l’élection était suivie comme un choix important sur la direction politique à donner à Israël.
Le Likoud a demandé une prolongation des horaires de vote, initialement fixés jusqu’à 20 heures, heure TU. Le parti a appelé ses électeurs à voter pour lui. Le principal adversaire de Benjamin Netanyahu s’est opposé à cette demande. Les informations publiées pendant la journée ne précisaient pas si les horaires avaient finalement été modifiés.
Netanyahu défend son bilan et durcit le ton
La campagne du Premier ministre a porté sur la sécurité et les opérations militaires contre le Hamas et le Hezbollah. Benjamin Netanyahu a aussi menacé l’Iran, promettant de « finir le travail » s’il remportait le scrutin. Ces déclarations ont alimenté les craintes d’une aggravation d’un conflit dont les répercussions dépassent déjà le Moyen-Orient.
Sur le plan intérieur, Netanyahu a accusé la gauche et les Arabes israéliens de chercher à « voler » l’élection. Ces derniers représentent environ 20 % des dix millions d’habitants du pays. Mansour Abbas, chef de la Liste arabe unie (Raam), a dénoncé les accusations de fraude du Premier ministre, qu’il a qualifiées de mensongères.
Les critiques envers le gouvernement portent également sur sa conduite de la guerre à Gaza et sur les violences dans les territoires palestiniens occupés. Pendant la campagne, les ministres d’extrême droite Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich ont présenté des plans d’expulsion des Palestiniens de Gaza et de Cisjordanie occupée.
Une opposition divisée entre centre et gauche
Le principal bloc d’opposition de centre et de centre droit est conduit par Gadi Eisenkot, ancien chef de l’armée. Le candidat a appelé les électeurs à écarter du pouvoir ce qu’il a qualifié de « pire gouvernement » de l’histoire d’Israël.
Son programme prévoit de remplacer Netanyahu et de réformer la gouvernance, avec l’objectif affiché d’un État « juif, démocratique, progressiste et libéral », moins polarisé. Eisenkot promet aussi de donner la priorité à la sécurité nationale, d’intégrer davantage les ultraorthodoxes dans l’armée et de modifier les institutions pour limiter les blocages politiques.
À gauche, le parti démocrate dirigé par Yaël Golan défend l’État de droit, les libertés publiques et la protection des minorités. Il propose également des investissements dans les services publics et une répartition plus équitable des obligations liées au service militaire. Golan s’est dit favorable à une coopération parlementaire avec les partis arabes israéliens pour bâtir une alternative au gouvernement de droite.
Le parti a aussi fait état d’un incident survenu le matin du vote : un homme armé d’un couteau se serait approché de Golan d’un air menaçant avant d’être interpellé par la police. Dans un communiqué, la dirigeante a dénoncé l’incitation à la haine et attribué cette attaque présumée au climat créé, selon elle, par les discours de Netanyahu.
Une majorité incertaine
Les deux principaux blocs étaient au coude-à-coude dans les sondages cités pendant la campagne, sans qu’aucun ne soit crédité des 61 sièges nécessaires pour obtenir la majorité à la Knesset. Le parti d’Eisenkot a par ailleurs accusé Netanyahu de se préparer à contester les résultats en cas de défaite. Il s’agissait d’une accusation politique, et non d’un fait établi.
Les premières projections étaient attendues à la télévision après la fermeture des bureaux. Les résultats officiels, eux, devaient être publiés dans les jours suivant le scrutin. Les attentes exprimées pendant la campagne portaient notamment sur davantage d’égalité entre les citoyens, la sécurité, la lutte contre la corruption et l’indépendance de la justice.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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