En 2026, plusieurs films français ont remis en scène l’Occupation, la Résistance et la Collaboration. Le 28 octobre, Moulin, de László Nemes, doit rejoindre cette série, après Les Rayons et les Ombres, La Bataille de Gaulle ou Notre Salut. Les réalisateurs y voient une manière d’interroger le présent, tandis que des budgets importants, des vedettes et des débats parfois polémiques contribuent à leur visibilité.

Une série de films sur l’Occupation en 2026

La programmation de l’année couvre plusieurs figures et points de vue. Les Enfants de la Résistance, de Christophe Barratier, est sorti en février. En mars, Xavier Giannoli a présenté Les Rayons et les Ombres, avec Jean Dujardin. Les deux volets de La Bataille de Gaulle, réalisés par Antonin Baudry avec Simon Abkarian, sont sortis en juin. Les Héros du Louvre, d’Élie Chouraqui, a suivi le 9 septembre, puis Notre Salut, d’Emmanuel Marre, le 30 septembre.
Le prochain film annoncé est Moulin, dans lequel Gilles Lellouche interprète Jean Moulin. Le réalisateur hongrois László Nemes s’attache au destin et aux derniers instants du résistant en 1943. Sa sortie en salles est prévue le mercredi 28 octobre.
Des lectures du passé qui font écho au présent
Pour Emmanuel Marre, cette concentration de films n’est pas sans lien avec le climat politique. Le réalisateur de Notre Salut y voit le retour de questions historiques longtemps refoulées, dans un contexte où l’extrême droite gagne en audience. Son film met en scène Henri Marre, collaborateur assumé qui, selon le récit présenté, cherche à tirer parti du régime de Vichy et contribue à la rafle du 26 août 1942. Le cinéaste dit vouloir rappeler que cette période fut celle où la démocratie ne constituait plus le socle commun.
Antonin Baudry établit, lui, un rapprochement entre le parcours de la France libre et des situations contemporaines. À propos de son diptyque consacré à Charles de Gaulle, il explique vouloir montrer comment une cause d’abord perçue comme vouée à l’échec peut être défendue malgré tout. Il présente aussi les films comme un moyen de retracer la formation du contrat social actuel, notamment à travers la création du Conseil national de la Résistance.
László Nemes a également décrit Moulin comme une réflexion sur la capacité humaine à basculer dans la barbarie, mais aussi à s’en affranchir. Ces intentions ne font pas disparaître les désaccords sur la manière de représenter cette période. L’historienne Sylvie Lindeperg estime que la réception de ces œuvres ravive les débats politiques autour de la guerre et de l’Occupation. Elle met aussi en garde contre les analogies trop rapides entre le passé et les crises actuelles.
Budgets, vedettes et débats publics
La place donnée à ces récits tient aussi à leur ampleur. Le diptyque La Bataille de Gaulle dispose d’un budget annoncé de 75 millions d’euros, tandis que celui des Rayons et les Ombres s’élève à 30 millions. Les films réunissent des acteurs connus, parmi lesquels Jean Dujardin, Gilles Lellouche, Swann Arlaud, Niels Schneider et Benoît Magimel. La campagne de promotion des films sur de Gaulle a notamment investi les réseaux sociaux pour toucher un public jeune.
Les controverses ont parfois précédé les sorties. La représentation de Jean Luchaire, patron de presse collaborateur joué par Jean Dujardin dans Les Rayons et les Ombres, a suscité des critiques. L’historien Renaud Meltz reproche au film de présenter Luchaire comme un collaborateur de gauche et considère qu’il s’agit d’un contresens historique susceptible d’être repris dans le débat politique. Pour Moulin, la décision de Gilles Lellouche de ne pas répondre à Cannes à une question portant sur 2027 a également attiré l’attention avant la sortie du film.
Les résultats en salles témoignent de l’audience de plusieurs de ces productions : Les Enfants de la Résistance a dépassé 1,3 million d’entrées, Les Rayons et les Ombres les 900 000, et Notre Salut approche les 600 000. Les deux films sur de Gaulle totalisent un peu plus de 6 millions de spectateurs.
Deux autres films annoncés pour janvier 2027
Cette série doit se poursuivre en janvier 2027. Le Faux Soir, de Michaël R. Roskam, est annoncé pour le 13 janvier, avec notamment François Damiens et Bouli Lanners. La semaine suivante doit sortir La Troisième Nuit, de Daniel Auteuil, présenté à Cannes en séance spéciale.
Source : Le HuffPost : actualités et infos décalées en continu, en France et dans le monde (www.huffingtonpost.fr)
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Auteur : Loïse Delacotte







