À une semaine des élections de mi-mandat du 3 novembre 2026, la course au Sénat dans le Kansas est devenue plus disputée qu’attendu. Le pasteur méthodiste Adam Hamilton, candidat démocrate face au républicain sortant Roger Marshall, est désormais donné au coude-à-coude dans les sondages. Une victoire démocrate serait historique : le Kansas n’a pas élu de sénateur démocrate depuis 1932.

Un candidat atypique dans un État républicain

Le Kansas reste un terrain difficile pour les démocrates. Donald Trump y a obtenu environ 57 % des voix lors des trois dernières élections présidentielles, en 2016, 2020 et 2024. Les républicains disposent aussi d’une majorité des deux tiers dans les deux chambres de la législature locale. La gouverneure démocrate Laura Kelly, après deux mandats, ne peut pas se représenter en 2026.
Dans ce contexte, Adam Hamilton ne correspond pas au profil d’un candidat partisan classique. Avant de se lancer dans la course au Sénat, il a été inscrit comme électeur démocrate puis républicain. Il a également envisagé de se présenter comme indépendant, avant de choisir l’investiture démocrate.
Âgé de 62 ans, Hamilton est toutefois bien connu dans l’État. En 1990, il a fondé avec son épouse LaVon une congrégation méthodiste qui rassemble 24 000 fidèles. Il a écrit une trentaine de livres, certains de ses sermons ont été diffusés à la télévision et il a conseillé Barack Obama sur les questions religieuses en 2016.
Une ligne centriste et des positions qui tranchent
Hamilton se présente comme un démocrate indépendant d’esprit et met en avant le service public plutôt que la discipline de parti. Sur l’immigration, il critique la politique de Donald Trump tout en défendant des frontières sûres. Au sujet de Gaza, il déplore les morts civiles, mais reconnaît à Israël le droit de se défendre.
Ses positions sur les droits des personnes LGBT le distinguent également dans un État conservateur. Son église célèbre les unions entre personnes de même sexe et se dit accueillante envers la communauté LGBTQ. Selon le New York Times, cette orientation a poussé des centaines de familles conservatrices à quitter la congrégation. Roger Marshall a exploité ce point dans une publicité de campagne, où il présente son adversaire comme trop libéral pour le Kansas.
Le candidat démocrate cherche ainsi à attirer des électeurs conservateurs déçus par l’administration Trump sans se rapprocher de la frange socialiste du Parti démocrate. Il critique notamment la politique migratoire du président et veut rendre les soins de santé plus accessibles, alors que les coupes budgétaires fédérales sont au cœur de ses arguments.
Une course devenue très disputée
La progression de Hamilton s’inscrit aussi dans une campagne où Roger Marshall est contesté sur son bilan. D’après le Guardian, le sénateur, gynécologue de formation, a poursuivi 700 patients pour des factures impayées ; ces procédures ont conduit à des arrestations. Ces éléments ont contribué à fragiliser son image, selon le quotidien britannique.
Il y a quelques semaines encore, la victoire républicaine paraissait largement acquise. Mais les sondages rapprochent désormais les deux candidats et le Cook Political Report classe la course parmi les plus disputées. (cookpolitical.com) Pour les démocrates, un succès au Kansas renforcerait leurs chances de conquérir la majorité au Sénat. Le résultat dira aussi si un pasteur démocrate peut convaincre au-delà de son camp dans un État dominé de longue date par les républicains.
La religion, un terrain de campagne démocrate
Hamilton n’est pas le seul candidat démocrate issu du clergé à se faire remarquer pendant ces élections. Au Texas, l’ancien séminariste presbytérien James Talarico mène lui aussi campagne. La présence de plusieurs candidats chrétiens démocrates intervient alors que les républicains ont longtemps bénéficié du soutien des électeurs évangéliques conservateurs.
Leur parcours religieux peut leur permettre de contester l’idée, souvent avancée par leurs adversaires, que les démocrates seraient éloignés de la foi chrétienne. Pour Hamilton, cette identité pastorale s’ajoute à un positionnement politique centriste. Elle ne garantit toutefois pas une victoire : le scrutin du 3 novembre déterminera si sa percée peut se traduire par une alternance au Sénat dans le Kansas.
Source : Le HuffPost : actualités et infos décalées en continu, en France et dans le monde (www.huffingtonpost.fr)
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Auteur : Marie Terrier







