Reçus à Matignon, les représentants lycéens ont obtenu plusieurs engagements du gouvernement, dont le remplacement de Parcoursup en 2028, davantage de places dans le supérieur et des classes de seconde moins chargées. Ces annonces, faites le 26 octobre, soulèvent aussi des questions de calendrier et de financement, alors que certaines mesures seront mises en œuvre après l’élection présidentielle de 2027.

Des changements annoncés pour Parcoursup et les lycées

Le gouvernement prévoit de remplacer Parcoursup à la rentrée 2028. D’ici là, il promet des améliorations dès la campagne d’admission 2027, notamment la publication des critères de sélection et une explication des refus. Un comité réunissant lycéens et enseignants doit formuler ses premières recommandations d’ici à la fin novembre. Le système qui succédera à la plateforme reste donc à définir. (education.gouv.fr)
Le plan prévoit également 15 000 places supplémentaires dans l’enseignement supérieur entre 2027 et 2028 : 10 000 en BTS, 4 000 en BUT et 1 000 dans des formations universitaires liées à la licence portail santé. Pour les classes de seconde générale et technologique, le plafond de 28 élèves s’appliquera d’abord, à la rentrée 2027, dans la moitié des lycées les moins favorisés, puis dans tous les établissements à la rentrée 2028. (education.gouv.fr)
Le ministère annonce aussi l’annulation des suppressions de postes prévues dans le second degré et la création de 500 postes supplémentaires dans le projet de budget 2027. Ces engagements interviennent alors que, selon les prévisions citées par Courrier international, les collèges et lycées devraient compter environ 49 000 élèves de moins entre les rentrées 2026 et 2027.
Prêts pour les bâtiments, mais pas nécessairement demandés
Sur le volet immobilier, le gouvernement prévoit une enveloppe de 4 milliards d’euros de prêts à taux préférentiels pour la rénovation des lycées, ainsi qu’un milliard d’euros d’investissement public pour les campus universitaires. Il s’agit donc de dispositifs distincts, et non d’une enveloppe totale de cinq milliards de prêts. Le ministère indique que les prêts pour les lycées seront proposés aux régions, responsables de ces bâtiments. (education.gouv.fr)
Courrier international rapporte que des collectivités régionales ne souhaitent pas s’endetter davantage. Si elles ne recourent pas à ces prêts, les travaux annoncés pourraient ainsi se heurter à une difficulté de financement. La transformation éventuelle de ces avances en subventions, évoquée par le média, n’est toutefois pas présentée comme une décision du gouvernement.
Le même article rappelle que l’exécutif a annoncé des prêts pour les commerçants touchés par les pillages et dégradations du 17 octobre. Il rapporte une estimation du patronat selon laquelle les perturbations coûteraient entre 800 millions et 1,2 milliard d’euros à l’économie française. Ce montant est une estimation attribuée aux représentants des entreprises, et non un bilan définitif.
Des engagements dont le coût reste à préciser
Pour Courrier international, ces concessions pourraient peser sur les finances publiques, entre recrutements, rénovation des établissements et aides liées aux violences. Le média souligne également que les prêts aux régions pourraient être difficiles à mobiliser si celles-ci refusent d’emprunter. Les montants annoncés ne suffisent toutefois pas, à eux seuls, à établir le coût final pour l’État : plusieurs dispositifs restent à préciser et leur mise en œuvre dépendra notamment des arbitrages budgétaires.
Le 26 octobre à Marseille, Emmanuel Macron a affirmé que l’État « tiendra » face aux manifestations. La portée des annonces faites aux lycéens se mesurera à leur concrétisation, dont une partie est programmée jusqu’en 2028.
Source : Courrier international – Actualités France et Monde, vidéos, infographies (www.courrierinternational.com)
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