Après un séjour de 235 jours dans l’espace à bord de la Station spatiale internationale (SSI), Sophie Adenot a regagné la Terre le 8 octobre. L’astronaute française de 44 ans, qui a connu une expérience inoubliable, doit maintenant faire face à un processus de récupération physique complexe.

Retour sur Terre

Sophie Adenot a amerri dans le Pacifique, près de la Californie, en compagnie de ses coéquipiers du Crew-12. Si cet amerrissage représente l’accomplissement d’un rêve d’enfant pour la Française, il ne marque pas la fin de ses défis. Après avoir été extraits de la capsule Crew Dragon, ils ont été placés sur des civières ou des fauteuils adaptés en raison des effets de la microgravité sur leur corps. Ils seront transportés par hélicoptère vers la terre ferme, puis prendront un vol pour le Texas, en direction du centre de la Nasa à Houston, où se déroule une partie cruciale de leur processus de réhabilitation.
Un retour plein de défis
Le retour à la vie quotidienne n’est pas de tout repos. Selon l’astronaute allemand Alexander Gerst, le rétablissement physique après une mission spatiale peut être tout aussi exigeant que la mission elle-même. Les astronautes subissent diverses dégradations physiques dues à l’apesanteur. Ces altérations comprennent la perte osseuse, la fonte musculaire, une réduction de leur condition cardiovasculaire et des troubles visuels, explique Audrey Berthier, spécialiste des sciences de la vie au CNES.
Malgré un entraînement rigoureux et deux heures et demie d’exercice quotidien à bord de l’ISS, les astronautes perdent en moyenne entre 1 % et 2 % de la densité minérale de leurs os chaque mois. Sophie Adenot a également constaté des effets notables sur son corps, révélant qu’elle se sent « vieillir en accéléré » et qu’elle a besoin de lunettes pour voir correctement à son retour.
À l’épreuve de la pesanteur
Une des étapes les plus difficiles du retour est la réadaptation à la pesanteur terrestre. Thomas Pesquet a raconté que retrouver le poids de son corps après plusieurs mois en apesanteur était une expérience frappante, où chaque mouvement devenait un défi. Cela rejoint l’expérience de Sophie, qui doit redécouvrir des gestes quotidiens devenus étriqués.
Programmes de récupération
Pour faciliter cette transition, un programme de récupération de trois semaines a été prévu à Cologne, en Allemagne, au sein de l’Agence spatiale européenne (ESA). Ce programme inclura des séances de repos avec sa famille, ainsi que diverses sessions de physiothérapie et de kinésithérapie. Ces activités visent à restaurer ses capacités physiques tout en évaluant l’impact des missions spatiales sur le corps humain, contribuant ainsi aux recherches sur l’astronautique.
Les exercices ciblés, y compris ceux en piscine, permettront de travailler efficacement sur les muscles qui n’ont pas été sollicités en microgravité. Grâce à sa pratique régulière du yoga pendant son séjour dans l’espace, Sophie pourrait bénéficier d’une meilleure condition physique par rapport à d’autres astronautes ayant moins pratiqué.
La route vers la pleine récupération
L’objectif est que son corps s’adapte progressivement aux exigences de la vie sur Terre. En l’espace de quelques jours, son cœur retrouvera sa taille habituelle après avoir rétréci en réponse à la microgravité. À la fin de la première semaine, sa marche devrait redevenir plus fluide, et, au bout d’un mois, Sophie Adenot devrait être suffisamment récupérée pour reprendre ses activités normales.
Source : Espace : info, vidéos, reportages et analyses – France 24 (www.france24.com)
Article original : Consulter la source originale
Auteur : Cyrielle CABOT







