Le procès de trois policiers poursuivis pour homicide involontaire après la mort de Cédric Chouviat doit s’ouvrir lundi 26 octobre au tribunal de Paris. Mais sa tenue reste incertaine : la défense demande un report et les avocats de la famille veulent contester la compétence du tribunal correctionnel, estimant que les faits relèvent d’une juridiction criminelle.

Une interpellation suivie de la mort du livreur

Le 3 janvier 2020, Cédric Chouviat, livreur de 42 ans, est contrôlé par quatre policiers alors qu’il circule en scooter, téléphone à la main, dans le 7e arrondissement de Paris. D’abord verbalisé, il est ensuite interpellé pour outrage après un échange tendu avec les agents.
Selon la vidéo qu’il a filmée, alors qu’il est maintenu au sol sur le ventre, casque sur la tête, Cédric Chouviat répète neuf fois « j’étouffe » en treize secondes. Les policiers mis en cause affirment ne pas avoir entendu ses appels. Le livreur est transporté en urgence à l’hôpital européen Georges-Pompidou, où sa mort est constatée le 5 janvier à 3 h 31.
Deux lectures de la qualification judiciaire
Trois des quatre policiers présents doivent comparaître pour homicide involontaire. L’un des principaux prévenus, Michaël P., avait amené Cédric Chouviat au sol après une clé d’étranglement, une technique depuis interdite. D’après l’ordonnance de renvoi consultée par l’AFP, il dit garder un souvenir « flou » de l’interpellation et affirme avoir veillé à ne pas exercer une pression trop forte.
La défense présente l’intervention comme une interpellation difficile, menée sur un axe de grande circulation. Me Pauline Ragot, avocate de deux policiers, Michaël P. et Arnaud B., estime qu’elle était légitime et soutient que les agents n’ont pas perçu la détresse physique de Cédric Chouviat. La Défenseure des droits a, pour sa part, estimé dans une décision rendue publique en avril 2026 que les policiers avaient eu un « comportement non adapté, négligent et imprudent ».
Les avocats de la famille contestent le renvoi pour homicide involontaire. Ils entendent soutenir que les faits sont de nature criminelle et que le tribunal correctionnel n’est pas compétent. Me Arié Alimi, l’un des conseils de la famille, a dénoncé la qualification retenue, tandis que Me Laurent-Franck Liénard, avocat d’un des principaux mis en cause, reproche aux parties civiles de chercher à monopoliser les débats et prévoit lui aussi de demander un renvoi.
Une audience dont la durée est contestée
Les avocats des deux camps jugent trop courte la durée prévue pour les débats : deux demi-journées. La défense comme la famille ont donc exprimé des réserves sur le calendrier, alors que la question d’un report doit également être examinée.
Le père de Cédric Chouviat, Christian, a exprimé sa colère envers les policiers impliqués. Sa fille, Sofia Chouviat, a déclaré espérer que l’affaire puisse devenir un « symbole de réconciliation ». L’ouverture du procès est annoncée pour le lundi 26 octobre, mais son déroulement demeure incertain au moment de la publication.
Source : France 24 – Infos, news & actualités – L'information internationale en direct (www.france24.com)
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