Face aux effets attendus d’El Niño en Afrique, Al-Hamdou Dorsouma, responsable du changement climatique à la Banque africaine de développement (BAD), estime que des dizaines de milliards de dollars seront nécessaires pour protéger les populations et les infrastructures. Selon les estimations de la Banque qu’il présente dans un entretien publié par RFI le 23 octobre 2026, entre 30 et 48 millions de personnes pourraient être touchées, dont 20 à 30 millions auraient besoin d’une aide directe.

Des risques différents selon les régions

Les conséquences annoncées varient d’une partie du continent à l’autre. En Afrique australe, notamment en Zambie, au Mozambique, au Zimbabwe et en Afrique du Sud, le risque principal serait celui de fortes sécheresses. À l’inverse, la Corne de l’Afrique pourrait subir d’importantes précipitations, avec des inondations et des glissements de terrain.
En Afrique de l’Ouest, le Sahel pourrait connaître des pluies inférieures aux normales, tandis que de fortes précipitations dans le golfe de Guinée menaceraient les cultures en Côte d’Ivoire, au Togo et au Bénin. Al-Hamdou Dorsouma évoque aussi les vagues de chaleur déjà présentes en Afrique du Nord. Il avertit que les effets pourraient toucher l’ensemble du continent.
Les risques ne concerneraient pas seulement l’environnement et l’agriculture. Dans les zones inondées, les maladies liées à l’eau pourraient augmenter, avec notamment des épisodes de choléra ou une hausse des cas de paludisme, selon le responsable de la BAD.
Des pertes économiques et des besoins humanitaires
La Banque africaine de développement estime que le coût économique pourrait représenter 5 % du produit intérieur brut du continent. Les pertes agricoles, à elles seules, sont évaluées à 300 millions de dollars. Ces chiffres sont des estimations présentées par Al-Hamdou Dorsouma, et non un bilan déjà constaté.
Les répercussions pourraient aussi toucher l’approvisionnement en électricité. De nombreux pays africains dépendent de l’hydroélectricité : une baisse du niveau de l’eau pourrait donc affecter leur production énergétique. Les routes, les ponts et les ports figurent également parmi les infrastructures exposées aux conséquences du phénomène.
Pour réduire les risques immédiats, Al-Hamdou Dorsouma préconise de constituer des réserves alimentaires et de médicaments afin de mieux répondre aux urgences humanitaires et sanitaires. Il souligne également l’importance des systèmes d’alerte précoce et des assurances pour protéger les populations et les investissements concernés.
Des financements à mobiliser rapidement
Les dizaines de milliards de dollars évoqués devraient, selon lui, provenir de plusieurs sources. Les États pourraient réorienter une partie de leurs budgets vers la préparation aux effets d’El Niño. La coopération avec les agences multilatérales et bilatérales, ainsi que les projets déjà financés par la BAD dans les pays africains, pourrait également contribuer à la réponse.
Le responsable estime que les conséquences pourraient se prolonger au-delà de l’épisode lui-même. Il s’attend à une année 2027 particulièrement chaude et sèche, une prévision qu’il attribue aux tendances observées après El Niño. Il appelle ainsi à agir dès maintenant, tout en renforçant la résilience climatique pour les années à venir.
Source : RFI – Actualités, info, news en direct – Radio France Internationale (www.rfi.fr)
Auteur : Stefanie Schüler
Article original : Consulter la source originale







