À l’approche des élections législatives israéliennes du 27 octobre, l’ancien chef d’état-major Gadi Eisenkot se présente comme l’alternative à Benjamin Netanyahu. Le dirigeant de Yashar critique la conduite de la guerre à Gaza et la gestion des conséquences de l’attaque du 7 octobre 2023, tout en défendant des positions fermes sur plusieurs dossiers palestiniens.

Une campagne centrée sur la sécurité et la responsabilité

Gadi Eisenkot reproche au Premier ministre de ne pas avoir atteint ses objectifs dans la bande de Gaza. Il affirme que le Hamas y conserve une capacité militaire après trois ans de guerre et accuse Benjamin Netanyahu de privilégier ses intérêts politiques et personnels au détriment des choix stratégiques.
S’il accède au poste de Premier ministre, l’ancien général promet de mettre fin au pouvoir du Hamas à Gaza dans un délai de 18 mois. Cette échéance constitue l’un des engagements centraux de sa campagne.
Ses critiques portent aussi sur les défaillances sécuritaires ayant précédé l’attaque du 7 octobre 2023. Eisenkot réclame une commission nationale d’enquête, une demande portée par de nombreux Israéliens mais à laquelle, selon les informations rapportées, Netanyahu s’oppose.
Un parcours militaire et un engagement personnel
Âgé de 66 ans, Eisenkot a servi pendant quatre décennies dans les forces armées israéliennes. Il en a été le chef d’état-major de 2015 à 2019. La mort de son fils Gal, âgé de 25 ans, et de deux de ses neveux pendant la guerre à Gaza a également marqué sa trajectoire publique.
Entré en politique en 2022, il a fondé Yashar l’année suivante. Ce parti de centre droit rassemble des responsables issus de la droite et de la gauche et entend renforcer le centre politique. Dans les sondages évoqués par DW, Eisenkot est présenté comme étant au coude-à-coude avec Netanyahu.
Le candidat affirme vouloir restaurer l’image internationale d’Israël, fragilisée par la guerre à Gaza et par les violences de colons en Cisjordanie occupée. Après les agressions rapportées contre un maire français et une journaliste américaine dans ce territoire, il a dénoncé des violences commises, selon lui, sous la protection du gouvernement, et promis d’agir.
Des désaccords avec Netanyahu, mais pas de rupture sur la question palestinienne
La candidature d’Eisenkot ne s’accompagne pas d’un changement fondamental de cap sur la question palestinienne. Il a soutenu les opérations militaires israéliennes à Gaza, au Liban et contre l’Iran. Comme Netanyahu, il s’oppose à la création d’un État palestinien et défend la colonisation en Cisjordanie occupée si elle respecte la loi.
Sur le plan intérieur, il veut mettre fin à l’exemption du service militaire dont bénéficient les juifs ultra-orthodoxes. Netanyahu a, de son côté, longtemps défendu ce dispositif, notamment pour conserver le soutien des partis religieux.
Eisenkot promet également de défendre l’indépendance judiciaire, l’État de droit, les droits des minorités et la liberté de la presse. Né de parents juifs marocains et élevé dans un milieu modeste à Eilat, il pourrait, s’il devenait Premier ministre, être le premier chef de gouvernement israélien issu de la communauté séfarade originaire d’Afrique du Nord et du Moyen-Orient.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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