Le verdict du tribunal de Moroni aux Comores suscite un vif débat autour de la peine de mort, alors même que cette sanction n’a pas été appliquée depuis près de trois décennies. Le 15 octobre 2026, Fahami Moustoifa a été condamné à la peine capitale pour le meurtre brutal de Naicha Mmadi Abdou, une jeune femme âgée de 22 ans, tuée dans des circonstances horribles. Ce jugement, qui intervient dans un contexte de lutte contre les violences faites aux femmes, pose la question de l’effectivité d’une peine qui semble plus théorique que pratique.

Ce qu’il faut retenir

La cour d’assises de Moroni a prononcé une sentence lourde lorsque Fahami Moustoifa a été déclaré coupable du meurtre de Naicha Mmadi Abdou. En parallèle, son coaccusé, Athoumane Abdouroihamane, a été condamné à 25 ans de réclusion criminelle, tandis qu’Elamine Moumine, jugé pour complicité passive, a été acquitté. Ce verdict a été suivi d’un appel du parquet général concernant les deux dernières décisions. Il est à noter qu’aucune exécution de peine de mort n’a été réalisée aux Comores depuis 1997, soulevant d’importantes interrogations sur la réelle application de cette sanction.
Ce que disent les données ou les faits
La question de la peine capitale aux Comores est particulièrement sensible. Bien qu’elle soit inscrite dans le code pénal, son application est suspendue depuis de nombreuses années. Selon le procureur général, maintenir cette peine dans la législation est essentiel, mais son exécution ne peut se faire qu’après l’épuisement des recours légaux. Cependant, cette situation nourrit un sentiment d’inefficacité des peines prononcées. L’avocate Faïzat Saïd Bacar, qui a dénoncé le meurtre de Naicha Mmadi Abdou, souligne que la peine de mort ne s’attaque pas aux racines de la violence, plaidant plutôt pour des mesures de prévention.
Ce que cela change concrètement
La condamnation dans cette affaire relance le débat sur l’efficacité de la peine de mort et sur la manière dont les Comores gèrent la violence à l’égard des femmes. De nombreux experts affirment que recourir à des peines sévères, comme la peine de mort, n’est pas une solution viable pour endiguer la violence. La prise en compte des causes profondes, des programmes d’éducation et de sensibilisation pourrait être plus efficace à long terme. Le procès, bien qu’il ait abouti à une lourde condamnation, n’apaise pas les craintes quant à la sécurité des femmes dans la société comorienne.
Ce qu’il faut vérifier ou comprendre
Le cas de Naicha Mmadi Abdou et le verdict qui a suivi incitent à s’interroger sur la direction que prend la justice aux Comores en matière de violences de genre. La distinction entre le verdict prononcé et l’absence d’exécution de la peine souligne un décalage entre la législation et la réalité. Alors que la société comorienne se débat avec des questions de sécurité et de justice, les discussions autour de la peine de mort révèlent des opinions divergentes, allant de la nécessité d’une mise en œuvre stricte à ceux qui optent pour une approche plus humaniste et préventive.
Source : Droits des femmes : actualités, podcasts, vidéos et analyses – RFI
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