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Le Parlement de transition burkinabè rétablit la peine de mort dans le nouveau code pénal

Le Burkina Faso a rétabli la peine de mort dans son nouveau Code pénal, adopté à l’unanimité le 20 octobre 2026 par l’Assemblée législative du peuple. Le gouvernement présente cette mesure comme un moyen de freiner l’enrôlement par les groupes terroristes. Des défenseurs des droits humains redoutent, eux, des atteintes au droit à la vie et des risques pour les voix dissidentes.

Vibrant Nupe cultural parade showcasing traditional attire and horse riding celebration.
DETTY IMAGES · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Une mesure justifiée par la lutte contre le terrorisme

UN armored vehicles and peacekeepers patrol a busy urban street.
Safi Erneste · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Le texte prévoit la peine capitale pour plusieurs infractions, notamment le terrorisme, l’espionnage et la trahison. Il vise également le parricide ainsi que l’importation de produits périmés ou prohibés lorsque celle-ci entraîne la mort. Les 71 membres de l’Assemblée ont voté en faveur du nouveau code. (an.bf)

Le ministre burkinabè de la Justice estime que le retour de cette sanction pourrait dissuader les recrutements par les groupes terroristes. Cette réforme avait été évoquée par le gouvernement lors d’un Conseil des ministres le 4 décembre 2025, près d’un an avant le vote parlementaire.

La peine de mort avait été abolie au Burkina Faso en mai 2018. Selon les informations rapportées par DW, la dernière exécution dans le pays remonte à 1988.

Des inquiétudes sur les risques d’abus

Ousmane Diallo, chercheur principal sur le Sahel au bureau régional d’Amnesty International pour l’Afrique de l’Ouest et du Centre, inscrit cette décision dans un mouvement de retour à la fermeté. Il avertit que la peine capitale peut conduire à des violations du droit à la vie sans régler les problèmes auxquels les autorités disent vouloir répondre. Il appelle également à renforcer le système judiciaire.

Le journaliste en exil Ahmed Newton Barry estime pour sa part que le recours à la peine de mort traduit la fragilité du pouvoir. Il évoque aussi les victimes des violences terroristes et les pertes parmi les militaires et les volontaires pour la défense de la patrie (VDP). Ces propos relèvent de son analyse de la situation.

Ousmane Diallo craint également que la nouvelle peine ne mette en danger des personnes accusées de menacer la sécurité de l’État. Il cite notamment l’avocat Guy Hervé Kam et le lieutenant-colonel Paul-Henri Sandaogo Damiba. D’après les éléments rapportés par DW, Guy Hervé Kam est détenu depuis 2024 sans procès et Damiba a été extradé du Togo en janvier. Le premier est accusé de complot contre la sûreté de l’État, le second de tentative de putsch : il s’agit d’accusations, et non de condamnations mentionnées dans les informations disponibles.

Le rétablissement de la peine capitale repose donc, selon le gouvernement, sur un objectif de lutte contre le terrorisme. Ses détracteurs mettent en doute son efficacité et alertent sur les conséquences possibles pour les droits fondamentaux et les personnes visées par des accusations politiques ou sécuritaires.


Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)

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Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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