La France a publié le 16 septembre 2026 une Stratégie de science ouverte couvrant la période 2026-2033. Elle fixe les grandes orientations nationales pour rendre les publications, les données et d’autres productions de la recherche plus accessibles et réutilisables. Son premier plan d’action porte sur 2026-2029 : il s’agit d’une feuille de route pour la recherche, et non d’une réforme des programmes scolaires ou des diplômes.

Une stratégie sur huit ans, avec des étapes intermédiaires

Ce document prend le relais des deux Plans nationaux pour la science ouverte qui se sont succédé entre 2018 et 2024. Le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Espace prévoit désormais une stratégie de long terme, déclinée en plans d’action quadriennaux. Le premier s’organise autour de huit objectifs stratégiques. (enseignementsup-recherche.gouv.fr)
Quatre objectifs concernent les conditions générales de mise en œuvre : faire évoluer les pratiques, consolider la gouvernance, renforcer les infrastructures et services, et développer la coopération européenne et internationale. Les quatre autres portent sur les principales productions de recherche : publications, données, logiciels et résultats des essais cliniques. (enseignementsup-recherche.gouv.fr)
La science ouverte vise à faciliter l’accès aux méthodes, aux matériaux et aux résultats de recherche, afin qu’ils puissent être consultés, vérifiés et, lorsque c’est possible, réutilisés. Cela ne signifie pas que tout doit être rendu public : la stratégie rappelle le principe « aussi ouvert que possible, aussi fermé que nécessaire », notamment lorsque des données doivent être protégées ou partagées sous conditions. (enseignementsup-recherche.gouv.fr)
Des progrès, mais des pratiques encore inégales
Le ministère indique que la part des publications en accès ouvert est passée de 38 % à 61 % depuis 2018 ; pour les seuls articles scientifiques, elle est passée de 40 % à 66 %. Ces chiffres, présentés dans la stratégie, témoignent d’une progression, mais ne signifient pas que les données ou les logiciels associés à chaque publication sont eux aussi accessibles. (enseignementsup-recherche.gouv.fr)
Le partage des données reste notamment inégal selon les disciplines. Selon les chiffres du Baromètre français de la science ouverte cités par Recherche Data Gouv, 27 % des publications ont partagé leurs données. La stratégie prévoit de renforcer les services et infrastructures qui accompagnent les équipes de recherche, dont Recherche Data Gouv. (recherche.data.gouv.fr)
Qu’est-ce que cela change pour les étudiants et les enseignants ?
La stratégie ne modifie pas directement les règles d’enseignement dans les écoles, les collèges ou les lycées. Pour les étudiants et les enseignants, l’enjeu est plutôt celui de l’accès aux connaissances : des publications consultables librement et des données mieux documentées peuvent faciliter la recherche de sources et l’apprentissage de leur vérification. La stratégie aborde aussi les effets de l’intelligence artificielle sur l’édition scientifique, l’intégrité de la recherche et la citation des sources. (enseignementsup-recherche.gouv.fr)
La mise en œuvre dépendra des actions engagées au cours du premier cycle, de 2026 à 2029. Le document fixe des objectifs nationaux ; il ne suffit pas, à lui seul, à établir que chaque pratique sera immédiatement adoptée par tous les établissements ou chercheurs.
Source : Ouvrir la Science
Article original : Consulter la source originale







