Le parquet de Paris a requis, mardi 20 octobre, dix mois de prison avec sursis et deux ans d’inéligibilité contre Rima Hassan, eurodéputée de La France insoumise poursuivie pour apologie du terrorisme. Le procès, qui s’est tenu sur deux jours, porte sur un message publié puis supprimé sur le réseau X. Le tribunal doit rendre sa décision le 30 novembre. (information.tv5monde.com)

Un message au cœur des poursuites

La publication reprenait une phrase attribuée à Kozo Okamoto, membre de la cause palestinienne et auteur de l’attentat commis en 1972 à l’aéroport de Tel-Aviv, qui avait fait 26 morts. Le message a été vu 252 900 fois en 18 heures avant d’être supprimé, selon les éléments rapportés à l’audience.
Pour le ministère public, la citation, dépourvue de critique ou de mise à distance, s’apparente à un hommage et présente Okamoto sous un jour héroïque. Le parquet a aussi estimé que le conflit israélo-palestinien ne pouvait justifier une immunité face aux poursuites.
La peine requise ne constitue pas une décision de justice : le tribunal doit encore statuer sur la culpabilité et les sanctions éventuelles. L’avocat de Rima Hassan a demandé sa relaxe.
L’élue a exercé son droit au silence
À l’ouverture du procès, lundi, Rima Hassan a dénoncé ce qu’elle a qualifié de tentative d’intimidation et de volonté de réduire au silence une élue de l’opposition. Elle a ensuite choisi de ne pas répondre aux questions, invoquant son droit au silence.
Les parties civiles ont défendu une lecture différente de ce choix. Certaines ont estimé qu’elle s’était tue parce qu’elle savait avoir dépassé une limite. L’une des avocates de l’Organisation juive européenne, qui avait signalé le message au parquet, a insisté sur l’influence des mots et leur capacité à conduire à l’action.
Les débats ont également abordé le conflit à Gaza et le droit international. Ghislain Poissonnier, magistrat spécialiste de cette matière et cité par la défense, a déclaré que les attaques du 7 octobre étaient illégales, tout en évoquant un droit à la résistance armée pour le peuple palestinien dans un territoire qu’il a décrit comme occupé et colonisé. Une avocate d’une autre partie civile a contesté les propos tenus sur la population de Gaza.
Des témoignages et des réactions opposés
Yves Klejman, témoin cité par l’Organisation juive européenne, a évoqué sa mère, rescapée de l’attentat de 1972, blessée par des éclats de grenade. Il a questionné la capacité de Rima Hassan à représenter des citoyens tout en étant poursuivie pour une publication liée à un auteur de l’attentat.
À l’inverse, Alain Gresh, ancien rédacteur en chef du Monde diplomatique et spécialiste du Proche-Orient, a rappelé qu’il lui était arrivé de relayer des messages sans en vérifier l’origine. Il a défendu l’idée que la rapidité propre à X pouvait expliquer ce type d’erreur et estimé que les poursuites mobilisaient la justice au détriment d’autres sujets.
Après l’annonce des réquisitions, le dirigeant de LFI, Jean-Luc Mélenchon, a dénoncé sur X des abus de pouvoir et une complaisance envers les demandes du Premier ministre israélien, Benjamin Netanyahu. À la sortie de l’audience, des jeunes se sont rassemblés autour de Rima Hassan, certains pour la féliciter, d’autres pour prendre des photos avec elle.
Source : France 24 – Infos, news & actualités – L'information internationale en direct (www.france24.com)
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