Après plusieurs jours sans prise de position publique, l’Union africaine appelle les acteurs de la crise en République démocratique du Congo à privilégier le dialogue et les moyens pacifiques. Dans son communiqué publié mardi 20 octobre, elle condamne les prises de pouvoir par la force, mais ne cite ni l’ancien président Joseph Kabila ni le Front pour la refondation de la nation (FRN), créé une semaine plus tôt.

Un appel général au respect des engagements de paix
Le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Ali Youssouf, a également appelé à préserver les institutions démocratiquement élues et à respecter le cessez-le-feu. Il a rappelé les engagements pris dans le cadre des processus de paix de Doha et de Washington.
Le communiqué ne désigne pas directement les responsables de la crise et ne mentionne pas le FRN. Cette prudence intervient alors que les combats se poursuivent dans l’est de la RDC entre l’armée congolaise et des groupes rebelles.
Pour Yvon Muya, spécialiste des conflits et enseignant à l’université Saint-Paul d’Ottawa, l’Union africaine devait néanmoins prendre la parole. Il estime que l’organisation était confrontée à un dilemme : nommer Joseph Kabila, ancien président désormais associé à la rébellion, ou éviter une déclaration susceptible, selon lui, d’aggraver les tensions, notamment avec le Rwanda.
Des critiques sur le rôle de l’Union africaine
En République démocratique du Congo, des observateurs interrogés mettent en doute la capacité de l’organisation à peser sur l’évolution du conflit. Guy Aundu, professeur de sociologie politique à l’université de Kinshasa, considère que les initiatives menées à l’extérieur du continent occupent une place prépondérante dans les efforts de paix.
Il appelle l’Union africaine à renforcer son organisation et son efficacité dans la gestion des crises africaines. Cette appréciation rejoint les interrogations soulevées par le communiqué : l’appel au cessez-le-feu et au dialogue s’ajoute aux engagements diplomatiques déjà pris, tandis que les affrontements continuent sur le terrain.
La société civile plaide pour des solutions locales
En Ituri, où des habitants sont régulièrement confrontés à des attaques de groupes armés, dont la Coopérative de développement du Congo (Codeco), la société civile critique la dépendance envers des réponses venues de l’étranger.
Dieudonné Lossa Dekhana, coordonnateur de la société civile de l’Ituri, défend la recherche de solutions par les Congolais eux-mêmes. À ses yeux, cette démarche est nécessaire pour parvenir à une paix durable.
La situation humanitaire se détériore dans l’est du pays, où les affrontements contraignent des habitants à fuir leurs villages. Dans ce contexte, le FRN dirigé par Joseph Kabila a remplacé l’AFC/M23, que la source indique comme dissoute.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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