La sécheresse se prolonge en France à l’automne 2026, malgré quelques épisodes pluvieux. Les nappes phréatiques restent majoritairement sous les niveaux de saison et continuent de baisser dans la plupart des points observés. Les spécialistes cités par RFI décrivent une situation exceptionnelle, aggravée par le manque de pluie et des pressions humaines sur les sols et les ressources en eau.

Un automne marqué par le déficit de pluie

Après un été caniculaire, les précipitations n’ont pas suffi à compenser le déficit accumulé. Selon Météo-France, septembre 2026 a été le troisième mois de septembre le moins arrosé depuis le début des relevés en 1958. Les pluies intenses qui ont touché le Gard et l’Hérault en fin de mois ont amélioré la situation dans certains secteurs, sans rétablir l’équilibre à l’échelle du pays. (meteofrance.com)
Le manque d’eau se lit aussi dans les cours d’eau et les nappes. La moitié des petits cours d’eau français seraient à sec, selon les données rapportées par RFI, tandis que les deux tiers des nappes se situent sous les niveaux habituels pour la saison. Au 1er octobre, le BRGM relevait 66 % de points d’observation sous les normales mensuelles et 81 % en baisse. (brgm.fr)
La recharge des nappes dépend d’abord de l’humidité des sols : l’eau doit pouvoir s’infiltrer avant de rejoindre les réserves souterraines. Or, dans de nombreuses régions, les pluies éparses n’ont pas suffisamment réhumidifié les sols. L’hydro-climatologue Florence Habets estime que certains secteurs pourraient ne pas connaître de recharge avant janvier.
Des conséquences déjà visibles
La sécheresse entraîne aussi des restrictions d’eau dans presque tous les départements, selon les informations rapportées par RFI. Plus de 100 000 personnes seraient approvisionnées en eau potable par camion-citerne ou par bouteilles, un nombre qui augmentait encore dans les semaines précédant la publication de l’émission, le 20 octobre 2026.
Florence Habets, directrice de recherche au CNRS, qualifie la situation d’exceptionnelle dans plusieurs régions et souligne qu’elle dépasse ce que les sociétés modernes ont connu au cours des dernières décennies. La baisse des nappes et l’assèchement des rivières ne s’expliquent pas seulement par les faibles précipitations : les prélèvements d’eau et les transformations des cours d’eau peuvent aussi réduire les échanges entre les nappes et les rivières, selon l’hydro-climatologue.
Un risque appelé à s’aggraver
Les pluies intenses des épisodes cévenols peuvent améliorer ponctuellement la situation dans le sud méditerranéen, mais elles ne suffisent pas à compenser le déficit observé ailleurs. Météo-France relevait début octobre que le retour des pluies ne permettait pas encore aux sols de retrouver une situation normale pour la saison, sauf dans quelques secteurs. (meteofrance.com)
Florence Habets met en garde contre l’évolution possible des sécheresses en Europe avec le réchauffement climatique. Selon son estimation, chaque demi-degré supplémentaire de température moyenne mondiale pourrait allonger de deux ans la durée des sécheresses les plus longues en Europe. Il s’agit d’une projection, et non d’une prévision datée pour la France. La situation actuelle montre toutefois que les épisodes secs peuvent se prolonger alors que la recharge des sols et des nappes reste insuffisante.
Source : L'actualité autour de l'environnement en direct – RFI (www.rfi.fr)
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Auteur : Florent Guignard







