Un homme a été interpellé mardi 20 octobre 2026 en Haute-Vienne dans l’enquête sur l’incendie de la mairie de Limoges, survenu lors de la mobilisation du 17 octobre. Selon une source proche du dossier citée par l’AFP, il est connu pour son appartenance à l’ultragauche. Cette mouvance, évoquée par Emmanuel Macron après les violences, recouvre toutefois des courants distincts et ne se confond pas automatiquement avec l’extrême gauche parlementaire.

Un terme aux contours évolutifs

L’expression « ultragauche » remonte aux années 1920. L’historien Sylvain Boulouque explique qu’elle désignait alors des communistes opposés à la construction d’un parti-État soviétique, notamment en Allemagne, aux Pays-Bas et en Italie.
La notion s’est ensuite élargie à une partie des anarchistes hostiles aux organisations syndicales. Dans les années 1970, certains militants ont privilégié des pratiques émeutières, une orientation qui, selon l’historien, a perduré.
La violence ne caractérise pas pour autant l’ensemble de cette mouvance. Sylvain Boulouque souligne qu’une fraction très minoritaire a basculé dans le terrorisme, citant Action directe comme exemple. Il décrit aujourd’hui l’ultragauche comme un ensemble de révolutionnaires réfractaires aux formes de représentation syndicale et favorables aux émeutes.
Une mouvance décrite comme extraparlementaire
Le sociologue Guy Groux, chercheur honoraire au CNRS et associé au Cevipof de Sciences Po, identifie plusieurs traits à l’ultragauche actuelle : la volonté de légitimer des actions qui ne sont pas reconnues par le droit, comme les blocages, un rejet radical de l’État et des institutions, ainsi que l’acceptation de la violence comme moyen d’action.
Il la situe en dehors du jeu parlementaire, avec une préférence pour les formes de mobilisation dans la rue. Cette caractérisation relève de l’analyse du sociologue ; elle ne signifie pas que toute personne participant à une mobilisation ou à un blocage appartient à l’ultragauche.
La distinction avec La France insoumise
Des responsables politiques, principalement à droite, ont accusé l’ultragauche d’être liée à La France insoumise. Guy Groux conteste cette assimilation : selon lui, les groupes concernés échappent à l’influence directe de LFI et récusent le jeu parlementaire, auquel le parti participe.
Le sociologue distingue ainsi l’extrême gauche engagée dans les institutions de l’ultragauche extraparlementaire. Des relations ou des connivences peuvent exister à l’occasion, estime-t-il, mais il juge que leurs lignes politiques ne coïncident pas.
Dans son allocution du 18 octobre, Emmanuel Macron a attribué les violences en ville à des militants issus de groupuscules d’ultragauche, rejoints, selon lui, par des délinquants. L’interpellation liée à l’incendie de la mairie de Limoges s’inscrit dans le contexte de l’enquête : l’appartenance présumée du suspect à cette mouvance est rapportée par une source proche du dossier citée par l’AFP.
Source : Ouest France.fr – L'actualité en direct, en continu et en images (www.ouest-france.fr)
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