Les élections de mi-mandat américaines du 3 novembre pourraient modifier l’équilibre du Congrès et compliquer la fin du mandat de Donald Trump. Les démocrates semblent bien placés pour reprendre la Chambre des représentants, mais le Sénat reste disputé. Le scrutin comprend aussi des élections de gouverneurs et des votes locaux, dont plusieurs référendums.

La Chambre, principal objectif des démocrates

Les 435 sièges de la Chambre des représentants sont renouvelés lors de chaque élection de mi-mandat. Les républicains y disposent actuellement de 219 sièges, contre 214 pour les démocrates, tandis que deux sièges sont vacants. Avec 218 sièges nécessaires pour contrôler la chambre, les démocrates doivent obtenir un gain net de trois sièges pour prendre la majorité.
Les projections citées par Le HuffPost donnent l’avantage aux démocrates, sans garantir leur victoire. Au 19 octobre, les estimations du Washington Post classaient 202 sièges comme solidement ou probablement démocrates et 187 comme solidement ou probablement républicains. Parmi les 46 sièges considérés comme réellement disputés, 12 penchaient plutôt du côté démocrate, 13 du côté républicain et 21 restaient trop serrés pour être attribués.
Les prévisions de Nate Silver et de Decision Desk HQ favorisent elles aussi les démocrates, avec respectivement 94 % et 75 % de chances de reprendre la Chambre. Ces probabilités restent des estimations : les sondages peuvent se tromper, et plusieurs courses demeurent serrées. Le spécialiste de la civilisation américaine Jérôme Viala-Gaudefroy estime qu’une majorité démocrate de 224 à 234 sièges constituerait déjà un résultat important, tandis qu’un total de 240 sièges marquerait, selon lui, une lourde défaite républicaine.
Le Sénat, un chemin plus difficile
La bataille est plus incertaine dans la chambre haute, où les républicains détiennent 53 sièges contre 47 pour les démocrates. Trente-cinq sièges sont en jeu le 3 novembre. Selon les estimations rapportées par le New York Times, 13 des courses sont particulièrement disputées : quatre penchent plutôt du côté démocrate, deux du côté républicain et sept sont très serrées.
Nate Silver accorde aux démocrates 75 % de chances de reprendre le Sénat, contre 55 % pour Decision Desk HQ. Mais ils doivent gagner quatre sièges nets pour atteindre 51 élus. À égalité, le vice-président départage les voix, ce qui ne leur permettrait pas de prendre le contrôle de la chambre.
Trois courses retiennent particulièrement l’attention : au Texas, le démocrate James Talarico affronte le républicain Ken Paxton ; dans le Maine, la sénatrice républicaine sortante Susan Collins fait face à Troy Jackson ; et, dans le Michigan, le démocrate Abdul El-Sayed est opposé au républicain Mike Rogers.
Un Congrès renouvelé, des marges de manœuvre réduites
Le résultat pèsera sur la suite du mandat de Donald Trump. Le nouveau Congrès ne doit entrer en fonction que le 3 janvier. D’ici là, les républicains conserveront la majorité actuelle et pourront encore tenter de faire adopter des textes ou de confirmer des nominations. Une fois la nouvelle législature installée, une majorité démocrate à la Chambre compliquerait l’adoption des projets présidentiels, notamment budgétaires, selon Jérôme Viala-Gaudefroy.
Une victoire démocrate pourrait aussi ouvrir la voie à des enquêtes parlementaires. Une procédure de destitution contre le président est évoquée comme une possibilité, mais elle aurait peu de chances d’aboutir : son adoption nécessiterait une majorité des deux tiers au Sénat. Jérôme Viala-Gaudefroy juge par ailleurs qu’une telle démarche ne serait pas forcément dans l’intérêt des démocrates.
Le spécialiste et le chercheur associé à l’Institut de relations internationales et stratégiques Jeff Hawkings mettent également en garde contre d’éventuelles contestations des résultats. Ils estiment que des recours pourraient ne pas aboutir, tout en faisant peser un risque sur la confiance dans le scrutin.
Les enjeux dépassent le Congrès
Trente-six élections de gouverneurs sont également organisées. Le résultat peut peser sur le redécoupage des circonscriptions et sur l’organisation des élections de 2028, souligne Jérôme Viala-Gaudefroy. Selon les États, les électeurs choisiront aussi des élus locaux ou des shérifs.
Des mesures soumises au vote complètent les bulletins. Dans le Missouri, les électeurs doivent se prononcer sur une proposition visant à restreindre davantage l’avortement. En Californie, ils voteront sur la proposition 40, présentée comme prévoyant une taxe minimale pour les milliardaires.
Source : Le HuffPost : actualités et infos décalées en continu, en France et dans le monde (www.huffingtonpost.fr)
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Auteur : Marie Terrier






