La perspective d’une reprise des frappes contre l’Iran reste au centre des déclarations de Benyamin Netanyahu et de Donald Trump. Dans un contexte électoral tendu, Téhéran maintient pour sa part la pression dans le détroit d’Ormuz. Les monarchies du Golfe, exposées aux répercussions d’une nouvelle escalade, cherchent à renforcer leurs défenses et à diversifier leurs partenariats.

Des menaces à l’approche des élections

En moins de 24 heures, le Premier ministre israélien a évoqué à deux reprises la possibilité de poursuivre la confrontation avec l’Iran. Dimanche soir, après avoir remercié Donald Trump pour son soutien, Benyamin Netanyahu a déclaré qu’ils allaient « finir le travail ». Le lendemain, lors d’une visite sur une base aérienne, il a affirmé qu’Israël pouvait frapper ses ennemis à tout moment, sans nommer directement la République islamique.
Donald Trump avait lui aussi évoqué une reprise des frappes. Après avoir assuré qu’aucune attaque américaine n’aurait lieu avant les élections de mi-mandat, prévues le 3 novembre, il a ensuite dit qu’il prendrait sa décision « très bientôt ». Il a également évoqué des frappes simultanées contre des centrales électriques et des ponts en Iran.
Ces prises de parole interviennent avant deux scrutins importants. En Israël, les élections législatives sont prévues le 27 octobre. Aux États-Unis, les électeurs sont appelés aux urnes le 3 novembre pour les élections de mi-mandat. RFI souligne que ces échéances pèsent sur les déclarations des deux dirigeants : Netanyahu met régulièrement en avant sa capacité à assurer la sécurité d’Israël, tandis que Trump doit aussi tenir compte des inquiétudes sur le pouvoir d’achat et l’évolution des prix du pétrole. (en.idi.org.il)
Téhéran maintient la pression dans le détroit d’Ormuz
L’Iran répond sur le terrain diplomatique et militaire. Après les propos de Netanyahu, le chef de la diplomatie iranienne a répliqué que l’Iran était ressorti plus fort de la précédente tentative de « finir le travail », rapporte RFI.
Selon le média, les attaques iraniennes contre des navires dans le détroit d’Ormuz se sont multipliées : plus d’une vingtaine auraient été recensées depuis le début du mois. Téhéran chercherait ainsi à contrer la reprise des flux pétroliers, qui témoignait d’un recul de son emprise sur cette voie maritime stratégique.
Les monarchies pétrolières du Golfe ne sont pas directement parties au conflit, mais elles ont été les principales cibles des tirs iraniens en mars et en avril, selon RFI. La perspective d’une nouvelle confrontation entre l’Iran et le bloc formé par Israël et les États-Unis les expose donc à un risque d’extension des tensions.
Renforcer les défenses et multiplier les partenariats
Face à cette incertitude, les États du Golfe font de la défense une priorité. Les Émirats arabes unis considèrent comme stratégiques les accords d’Abraham conclus avec Israël, y compris leur volet de coopération en matière de défense, malgré leur désaccord sur le déclenchement de la guerre, indique RFI.
L’Arabie saoudite s’est, de son côté, rapprochée du Pakistan et de la Turquie. L’accord de défense tripartite entre les trois pays a été signé le 7 août 2026. (my.gov.sa) Les pays du Golfe cherchent également à diversifier leurs fournisseurs de systèmes de défense antiaérienne, en se tournant notamment vers la Corée du Sud, l’Ukraine et la France, tout en développant leurs propres industries de défense.
Cette orientation figure parmi les enjeux de la tournée d’Emmanuel Macron dans le Golfe. La France a indiqué que les discussions porteraient notamment sur la coopération régionale, la sécurité de la navigation dans le détroit d’Ormuz et la diversification des approvisionnements énergétiques. (diplomatie.gouv.fr) Pour les monarchies de la région, l’enjeu est désormais de poursuivre leur développement économique tout en renforçant leur capacité à assurer leur propre sécurité.
Source : RFI – Actualités, info, news en direct – Radio France Internationale (www.rfi.fr)
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Auteur : Guilhem Delteil






