Les distributeurs automatiques de billets devaient-ils tous disparaître en France avant la fin de 2025 ? Les données publiées depuis permettent de trancher : il en restait des dizaines de milliers au 31 décembre 2025. Leur nombre diminue toutefois, et les autres moyens de retirer des espèces ne rendent pas exactement le même service. (presse.economie.gouv.fr)

L’affirmation vérifiée

L’affirmation est précise : les distributeurs automatiques de billets (DAB) auraient disparu du territoire français à la fin de 2025. L’article de Sud Ouest fourni pour cette vérification, daté du 31 mars 2025, la conteste. Il ne reproduit cependant pas une publication originale permettant d’identifier avec certitude l’auteur de l’annonce, sa formulation initiale ou sa première date de diffusion. Nous vérifions donc la prédiction elle-même, sans l’attribuer à une personne ou à un compte particulier.
Ce que montrent les faits
Le résultat est sans ambiguïté. Dans son état des lieux portant sur la France métropolitaine à fin 2025, publié le 24 juillet 2026, le Comité national des moyens de paiement recense 40 804 DAB en activité, contre 42 578 fin 2024. Il compte également 28 660 sites équipés d’au moins un distributeur : un site peut accueillir plusieurs machines. Ces chiffres décrivent la situation à la fin de l’année annoncée, et non une prévision établie avant celle-ci. (banque-france.fr)
La tendance à la baisse, elle, est réelle. Le nombre de DAB a reculé de 4,2 % entre fin 2024 et fin 2025, après une baisse de 3,5 % l’année précédente. Le rapport disponible lors de la publication de l’article de mars 2025 portait encore sur fin 2023 : il dénombrait alors 44 123 automates. Ce chiffre ne pouvait pas, à lui seul, établir combien seraient encore présents deux ans plus tard ; le recensement ultérieur permet désormais de le faire. (banque-france.fr)
La vérification
Une explication possible de la confusion tient à la transformation d’une partie du réseau. Dans un communiqué du 11 février 2025, Cash Services annonçait le déploiement d’automates communs à BNP Paribas, Crédit Mutuel, CIC et SG. Le projet consiste à mettre des équipements en commun, pas à supprimer partout la possibilité de retirer des billets. Il ne faut toutefois pas confondre ce projet, qui concerne quatre enseignes, avec l’ensemble des DAB recensés en France. (creditmutuel.fr)
Il faut aussi distinguer un distributeur d’un autre point d’accès aux espèces. Le rapport compte 30 057 points d’accès dits « privatifs » fin 2025, notamment dans des commerces et des points de contact postaux. Ces services sont réservés aux clients des réseaux concernés et disponibles aux horaires du lieu qui les accueille. Leur progression ne signifie donc pas que chaque DAB fermé a été remplacé par un service identique, ouvert à tous dans les mêmes conditions. (banque-france.fr)
Enfin, une bonne couverture nationale ne règle pas toutes les situations individuelles. Selon le rapport, 98,6 % de la population métropolitaine de plus de 15 ans se trouve à moins de quinze minutes en voiture d’un site équipé d’un DAB ; la proportion atteint 99,8 % si l’on inclut les points privatifs. Ces indicateurs mesurent un temps de trajet théorique par la route. Ils ne disent pas qu’un retrait est aussi simple pour une personne sans voiture, ni que tous les points comptabilisés lui sont accessibles. (banque-france.fr)
Les sources et les données
Notre vérification repose principalement sur les recensements annuels du Comité national des moyens de paiement, publiés par la Banque de France, complétés par le communiqué de Cash Services décrivant son projet de mutualisation. Les chiffres de DAB cités portent sur la France métropolitaine et correspondent à des machines ; les « sites » désignent des adresses, tandis que les points privatifs constituent une catégorie distincte. (banque-france.fr)
Verdict
Verdict : faux. Si l’affirmation signifie que tous les distributeurs de billets auraient disparu de France à la fin de 2025, elle est contredite par le recensement de 40 804 DAB encore en activité en métropole à cette date. La baisse du nombre de machines est, en revanche, bien documentée. (banque-france.fr)
Ce qu’il faut retenir
Moins de distributeurs ne veut pas dire plus aucun distributeur. Et compter davantage de possibilités de retrait chez des commerçants ne suffit pas à démontrer que l’accès aux espèces reste inchangé pour chaque usager. (banque-france.fr)
Source principale : Le vrai du faux (www.sudouest.fr)
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