Vingt ans après sa première mise en orbite, l’instrument IASI contribue aux prévisions météorologiques et au suivi de la pollution et du climat. Embarqué sur Metop-A en 2006, il mesure plusieurs dizaines de paramètres atmosphériques. Le CNES souligne qu’il fournit près de la moitié des données utilisées par le modèle météo mondial ARPEGE de Météo-France.

Un instrument conçu pour observer l’atmosphère

Développé par le CNES et Eumetsat, IASI analyse le rayonnement infrarouge émis par la Terre afin d’en déduire la composition de l’atmosphère. Il effectue des observations deux fois par jour et renseigne notamment sur la température, l’humidité, les nuages, l’ozone et différents gaz.
Le premier instrument a été lancé en 2006 à bord du satellite Metop-A. Deux autres l’ont rejoint, sur Metop-B en 2012 puis sur Metop-C en 2018. Les trois appareils ont ainsi pu fonctionner simultanément en orbite, à environ 800 kilomètres d’altitude.
La mission répondait d’abord aux besoins de la météorologie opérationnelle européenne : fournir aux services de prévision des observations précises. Selon le CNES, les données IASI représentent près de 50 % des observations utilisées par ARPEGE et 27 % de celles du modèle régional AROME.
Leur rapidité de transmission compte aussi pour les prévisionnistes. Le logiciel de traitement développé par le CNES permet à Eumetsat de transmettre les données finalisées aux agences météo en moins de 15 minutes, indique l’organisme français.
Des mesures aussi utiles pour suivre la pollution
Les usages de l’instrument ont dépassé son objectif initial. IASI peut détecter plus d’une trentaine de gaz atmosphériques, parmi lesquels le monoxyde de carbone, le dioxyde de soufre et l’ammoniac. Ces observations ont notamment permis d’établir une première estimation mondiale de la concentration d’ammoniac et d’identifier ses principales sources d’émission, rapporte le chercheur Cyril Crevoisier, du Laboratoire de météorologie dynamique.
Les mesures ont également éclairé des épisodes de pollution. Lors du premier confinement lié au Covid-19, en mars 2020, des concentrations élevées d’ammoniac ont été observées, notamment en région parisienne, alors que la circulation automobile avait fortement diminué. Le CNES attribue ces pics aux émissions liées aux activités agricoles et à l’élevage.
Autre exemple cité par l’organisme : les incendies de forêt au Canada ont entraîné des pics de monoxyde de carbone détectés jusqu’en Europe. IASI suit aussi le trou de la couche d’ozone au-dessus de l’Antarctique.
Une référence pour les mesures climatiques
La stabilité des observations sur la durée donne à IASI un rôle dans la recherche climatique. Le CNES indique que l’instrument fournit des données sur les 16 variables atmosphériques considérées comme essentielles au suivi du climat, dont la température, l’humidité, les gaz à effet de serre, l’ozone, les aérosols et les nuages.
Sa précision en a aussi fait un instrument de référence pour les sondeurs infrarouges spatiaux : selon le CNES, d’autres appareils comparables s’appuient sur ses mesures pour vérifier la qualité de leurs propres observations. Depuis le début de la mission, plus de 800 articles scientifiques ont été publiés à partir des données d’IASI, principalement sur la composition de l’atmosphère, mais aussi sur la météorologie et le climat.
IASI-NG doit assurer la continuité
La relève est préparée avec IASI-NG, une nouvelle génération développée par le CNES et Airbus pour Eumetsat. L’instrument est embarqué sur Metop-SG A1, lancé en août 2025. D’autres exemplaires sont prévus sur Metop-SG A2 et A3, à l’horizon 2032 et 2039.
IASI-NG reprend les missions de son prédécesseur avec une résolution spectrale et un signal instrumental améliorés, afin d’accroître la précision des mesures. La fin de la mission IASI est, elle, programmée à l’horizon 2034. Le CNES présente la continuité des observations comme un enjeu important pour les prévisions météorologiques et l’étude du climat.
Source : Actualités et évènements (cnes.fr)
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