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Fact Check

Armes de guerre chez les émeutiers du 17 octobre : la DGSI dément l’affirmation diffusée sur CNews

Des kalachnikovs et des pistolets-mitrailleurs « Scorpion » auraient été retrouvés entre les mains d’émeutiers après les mobilisations du 17 octobre 2026 : c’est l’information présentée sur CNews, avec la DGSI pour source. Nous avons retrouvé la séquence diffusée par la chaîne. Or la DGSI dément, auprès de deux rédactions, avoir fourni cette information et conteste également sa véracité. (dailymotion.com)

UN armored vehicles and peacekeepers patrol a busy urban street.
Safi Erneste · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

L’affirmation vérifiée

A minimalist checklist with a red checkmark on a blue background, providing ample copy space.
Tara Winstead · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Dans l’émission Soir Info Week-End, la journaliste du Journal du dimanche Lara Tchekov affirme que des kalachnikovs et des pistolets-mitrailleurs Scorpion ont été retrouvés entre les mains d’émeutiers. Elle évoque des mineurs et des majeurs présentés comme proches de la mouvance islamiste, repérés à Paris, en région parisienne, à Marseille et à Lyon. Elle attribue explicitement cette information à la DGSI et ajoute que les personnes concernées n’auraient pas encore toutes été interpellées. Ce sont des affirmations factuelles vérifiables, et non une simple appréciation de la situation. (dailymotion.com)

Précision de chronologie : la vidéo intégrale est intitulée « Émission du 18/10/2026 », mais son présentateur indique dès l’ouverture qu’il est déjà lundi, après minuit. La séquence consacrée aux armes intervient environ seize minutes plus tard. La qualifier sans réserve de déclaration faite « dimanche soir » masque donc ce passage de date visible dans le replay. Les faits auxquels la journaliste se réfère concernent, eux, les violences survenues à partir du samedi 17 octobre. (dailymotion.com)

Ce que montrent les faits

La vidéo publiée par CNews établit ce qui a été dit à l’antenne ; elle ne prouve pas la découverte des armes. Pour vérifier cette seconde partie, le point décisif est la réponse du service présenté comme source. Dans son suivi du 19 octobre, Le Monde indique avoir interrogé la DGSI : celle-ci dément avoir communiqué de tels éléments à un journaliste et dément aussi la véracité de l’information. Libération rapporte de son côté que le service infirme « complètement » les affirmations diffusées sur CNews. Il s’agit de deux démarches de presse distinctes auprès du service directement mis en cause, et non de deux confirmations de la présence d’armes. (lemonde.fr)

La vérification

Il faut distinguer deux questions. La DGSI a-t-elle fourni cette information ? Selon le démenti qu’elle a adressé au Monde, non. Des personnes impliquées dans les violences détenaient-elles ces modèles précis d’armes ? Les éléments accessibles ne permettent pas de l’établir : aucune saisie, image authentifiée ou constat officiel précis ne vient ici corroborer l’affirmation. La DGSI la conteste catégoriquement, mais son démenti ne permet pas, à lui seul, de dresser l’inventaire exhaustif de tout ce qui a pu circuler dans plusieurs villes. (lemonde.fr)

Cette distinction compte aussi pour les mots employés. Dans la séquence, « retrouvés dans les mains » ne signifie pas nécessairement « saisis par la police » : la journaliste précise au contraire que les individus concernés n’auraient pas encore été interpellés. Il serait donc incorrect de réfuter ses propos au seul motif qu’aucune saisie n’est présentée. En revanche, sans élément vérifiable permettant d’identifier les armes, les personnes, les lieux et les circonstances, leur présence ne peut pas être tenue pour acquise. (dailymotion.com)

Les sources et les données

Cette vérification repose sur le replay intégral et l’extrait publiés par CNews pour établir la formulation et le contexte, puis sur les réponses de la DGSI rapportées par Le Monde et Libération. Nous n’avons pas trouvé de document public de la DGSI détaillant les faits allégués ni de pièce permettant de confirmer indépendamment la présence des armes décrites. Les articles reprenant les propos de CNews ne constituent pas, à eux seuls, des confirmations supplémentaires. (dailymotion.com)

Verdict

Verdict : non étayé. La présence de kalachnikovs et de pistolets-mitrailleurs Scorpion entre les mains des émeutiers n’est pas démontrée par les éléments disponibles. La DGSI, présentée à l’antenne comme source de l’information, dément explicitement l’avoir fournie et en conteste le contenu. Ce constat ne permet ni d’affirmer que toute arme était absente des violences, ni de prêter une intention de tromper à la journaliste. (lemonde.fr)

Ce qu’il faut retenir

La séquence de CNews prouve qu’une alerte précise a été formulée, pas que les armes annoncées ont été constatées. Son attribution à la DGSI est démentie par le service lui-même, selon deux rédactions qui l’ont interrogé. En l’état, présenter cette alerte comme un fait établi irait au-delà des preuves accessibles. (dailymotion.com)


Source principale : Libération (www.liberation.fr)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : Cécile Andrzejewski

Sources de vérification

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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