Des traces apparues après le séisme
Pour repérer ces changements, l’équipe a comparé des images à haute résolution du même secteur, prises en juin 2019 puis en décembre 2020. Les scientifiques ont identifié 27 marques linéaires ou courbes sur une pente de Cerberus Fossae. Chacune rassemble plusieurs dizaines à plusieurs centaines d’empreintes distinctes, interprétées comme les traces de blocs ayant rebondi en descendant la pente.
Le séisme étudié, enregistré par InSight le 25 juillet 2019, s’est produit à quelques dizaines de kilomètres de la zone. La proximité et la chronologie des observations conduisent l’équipe à relier probablement les nouvelles traînées à cette secousse et à la séquence sismique associée. Ces éléments étayent un lien, sans permettre d’établir avec certitude que chaque bloc a été déplacé par le séisme. (nature.com)
Une hausse inhabituelle des chutes de blocs
Les chercheurs ont aussi examiné des images plus anciennes pour estimer la fréquence habituelle de ces phénomènes à Cerberus Fossae. Selon leur calcul, environ deux traces de ce type se formaient en moyenne chaque année dans le secteur étudié. En repérer 27 en 18 mois représente donc une hausse marquée par rapport à ce rythme de fond, soulignent les auteurs.
Cerberus Fossae, située au nord de l’équateur martien, est une région parcourue de failles et de pentes où des blocs rocheux se déplacent. Le sismomètre de la mission InSight, qui s’est posée sur Mars en 2018, a enregistré plus d’un millier de séismes martiens au cours de sa mission de quatre ans. Plusieurs de ces secousses provenaient de cette région. (nature.com)
La répartition des traces reste inexpliquée
Les nouvelles traînées observées se trouvent toutes sur le versant nord d’une vallée, alors que davantage de blocs ont été repérés sur le versant sud. Cette répartition intrigue l’équipe. Vijayan, chercheur en sciences planétaires au Physical Research Laboratory, avance que le relief complexe pourrait modifier la propagation des ondes sismiques et produire des effets différents selon les secteurs. Cette explication reste une hypothèse.
Les chercheurs proposent de rechercher de telles traces sur d’autres terrains martiens. Là où les données sismiques manquent, les chutes de blocs pourraient fournir un indice indirect d’une activité sismique passée. À terme, ce type d’observation pourrait aussi aider à repérer les zones à éviter pour de futures installations humaines, selon l’équipe. (nature.com)
Source : Science News (www.sciencenews.org)
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Auteur : Katherine Kornei



