Le Musée d’ethnographie de Genève consacre une exposition à la manière dont différentes sociétés imaginent l’avenir. Conçue avec des adolescents, elle croise pratiques culturelles, visions artistiques et objets technologiques pour interroger le progrès et les relations entre les humains et les écosystèmes.
Quatre façons d’explorer le futur
Inscrite dans un cycle lancé en 2025 autour de l’idée de « Réenchanter la Terre », l’exposition propose un regard anthropologique sur le futur. Elle réunit des perspectives de designers, de scientifiques et d’artistes, mais aussi de groupes culturels et sociaux.
Le parcours s’organise en quatre sections, associées à différentes conceptions du temps, cyclique ou linéaire. Il invite à questionner le progrès technique, à découvrir des façons d’entrer en dialogue avec l’avenir et à explorer des œuvres qui donnent forme à des futurs souhaitables ou possibles.
En ouverture, des objets anciens et contemporains composent un cabinet de curiosités consacré aux lendemains imaginés par les sociétés humaines. L’ensemble rappelle que la projection dans l’avenir, et parfois la volonté de l’influencer, ne sont pas des préoccupations nouvelles.
Entre divination et technologie
Parmi les pièces présentées figure un oracle à souris associé à la culture baoulé, en Côte d’Ivoire. Des rongeurs déplacent des bâtonnets dans une boîte où se trouve de la nourriture ; un interprète lit ensuite leur position pour prédire l’avenir.
L’exposition met aussi en regard les promesses technologiques et leurs limites. L’Omnibot 2000, robot imaginé en 1985 pour aider aux tâches quotidiennes et tenir compagnie, illustre ces inventions qui n’ont pas trouvé la place attendue dans la vie courante. Sa présence permet de distinguer l’innovation — la prouesse technique — du progrès, entendu comme une amélioration des conditions de vie.
D’autres œuvres abordent les effets de la colonisation sur la capacité des peuples à imaginer leur propre avenir. Les créations d’artistes issus de populations colonisées font apparaître des mondes où les savoirs, les mythes et les traditions ancestrales peuvent retrouver une place.
Les adolescents dessinent leurs possibles
Des jeunes de 12 à 14 ans ont également travaillé avec des artistes pour donner forme à leurs visions du futur. Parmi les objets issus de cette collaboration, un « casque de consentement » permettrait de communiquer avec un animal et de savoir s’il accepte d’être mangé. L’objet ouvre une réflexion sur la place accordée aux autres êtres vivants dans les futurs envisagés.
L’exposition ne tranche pas entre un avenir sombre ou heureux. Elle rassemble plutôt des manières différentes de le penser, en faisant dialoguer pratiques de divination, héritages culturels, expériences artistiques et inventions techniques.
Source : Pour la Science (www.pourlascience.fr)
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Auteur : Loïc Mangin







