Le 3 juillet 2025, Les Observateurs de France 24 ont publié le témoignage d’un journaliste sur la destruction d’un café de Gaza, en indiquant qu’au moins 24 personnes, dont le photojournaliste Ismail Abu Hatab, avaient été tuées. L’existence de la frappe et la mort du journaliste sont corroborées par plusieurs sources distinctes. Le nombre de victimes, en revanche, doit être lu comme un bilan minimal rapporté à l’époque, non comme un décompte définitif.

L’affirmation vérifiée

L’affirmation centrale est la suivante : une frappe israélienne a touché un café de Gaza et tué au moins 24 personnes, parmi lesquelles Ismail Abu Hatab. L’article des Observateurs, publié le 3 juillet 2025, attribue ce bilan à la Défense civile de Gaza. Il rapporte aussi le récit de Majd Abo Alouf, journaliste disant avoir été à proximité de l’explosion et avoir filmé ses conséquences. Ce témoignage décrit ce qu’il dit avoir vu ; il ne constitue pas, à lui seul, une expertise sur l’arme employée ou sur l’objectif de la frappe.
Une précision chronologique est indispensable : le café a été frappé le 30 juin 2025. Le 7 octobre 2023, également mentionné dans le texte d’origine, désigne le début de la guerre auquel celui-ci se réfère, pas la date du bombardement du café. (cpj.org)
Ce que montrent les faits
Le lieu est identifié comme le café Al-Baqa, sur le front de mer de Gaza-Ville. Le Comité pour la protection des journalistes (CPJ) a documenté la mort d’Ismail Abu Hatab lors de la frappe du 30 juin 2025 et la blessure d’une autre journaliste, Bayan Abusultan. Le CPJ s’est notamment appuyé sur le témoignage d’un photographe présent dans le secteur. De son côté, Associated Press a interrogé une personne qui se trouvait dans le café et le responsable local des services d’urgence et d’ambulance du ministère de la Santé, qui faisait état d’au moins 30 morts. Ces éléments indépendants du récit des Observateurs corroborent la frappe meurtrière et la présence d’Abu Hatab parmi les victimes. (cpj.org)
Les bilans publiés ne sont pas identiques. La Défense civile de Gaza annonçait au moins 24 morts, chiffre également rapporté par l’AFP ; AP citait au moins 30 morts sur la base des services d’urgence ; l’agence palestinienne Wafa rapportait au moins 33 morts selon des sources médicales. Dans son bilan consacré à l’année 2025, Amnesty International retient 32 morts. Ces chiffres proviennent de sources et de moments différents : leur divergence empêche de présenter « 24 » comme le bilan final, mais ne contredit pas la formulation « au moins 24 ». Les éléments consultés ne permettent pas de réconcilier précisément tous ces décomptes. (timesofisrael.com)
La vérification
Le texte d’origine présente Abu Hatab comme le 186e journaliste tué depuis le début du conflit, selon le CPJ. Le communiqué du CPJ daté du 1er juillet 2025 indiquait que sa mort s’ajoutait à celles d’au moins 185 autres journalistes et travailleurs des médias recensés par l’organisation. Le total de 186 correspond donc à ce décompte à cette date. Ce n’est ni un chiffre limité aux victimes de la frappe du café, ni un bilan à employer sans date pour toute la durée de la guerre. Le CPJ confirme également qu’Abu Hatab avait déjà été grièvement blessé lors d’une frappe touchant son bureau le 2 novembre 2023. (cpj.org)
Enfin, l’armée israélienne a déclaré à l’AFP examiner l’incident. Elle a affirmé avoir visé des membres du Hamas dans le nord de Gaza et avoir pris des mesures destinées à réduire les risques pour les civils. Les sources consultées ne permettent pas d’établir que ces personnes se trouvaient dans le café, ni de déterminer l’objectif précis de la frappe. Elles ne permettent pas davantage de conclure qu’Abu Hatab a été personnellement visé. Dire que l’armée annonçait un examen de l’incident décrit sa position au début de juillet 2025 ; cela ne préjuge pas du résultat d’une enquête. (timesofisrael.com)
Verdict
Verdict : vrai, pour l’affirmation vérifiée. Une frappe israélienne a touché le café Al-Baqa le 30 juin 2025, tuant Ismail Abu Hatab et au moins 24 personnes au total. Le nombre « 24 » est un seuil minimal attribué à la Défense civile de Gaza, pas un bilan définitif. Le chiffre de 186 journalistes et travailleurs des médias relève, lui, du décompte du CPJ au début de juillet 2025. (cpj.org)
Ce qu’il faut retenir
La date de la frappe, le lieu et la mort du photojournaliste sont solidement documentés. Les témoignages rendent compte de ses conséquences humaines, mais ne suffisent pas à établir à eux seuls le type de munition utilisé, la cible recherchée ou une intention de viser des journalistes. Sur ces points, la vérification doit s’arrêter là où s’arrêtent les preuves accessibles.
Source principale : Les Observateurs de France 24. Filmer, vérifier, témoigner. (www.france24.com)
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Sources de vérification
- Comité pour la protection des journalistes, communiqué du 1er juillet 2025
- Comité pour la protection des journalistes, fiche d’Ismail Abu Hatab
- Associated Press, témoignage et bilan des services d’urgence
- AFP, déclaration de l’armée israélienne et bilan attribué à la Défense civile
- Wafa, bilan attribué à des sources médicales le 30 juin 2025
- Amnesty International, bilan consacré à l’année 2025







