Des serpents de 11 à 28 centimètres peuvent avancer en faisant des roues, sans pattes ni ailes. Des vidéos de laboratoire montrent comment trois espèces du genre Pseudorabdion propulsent leur corps en l’air puis le font basculer par-dessus leur tête. Ce déplacement, observé chez des serpents de Malaisie, pourrait servir à échapper à un danger, mais son origine évolutive reste inconnue.
Une acrobatie filmée en laboratoire
Le phénomène avait été décrit en 2023 chez un Pseudorabdion longiceps. Une nouvelle étude, publiée le 19 octobre 2026 dans Current Biology, s’appuie sur des vidéos prises sous plusieurs angles pour détailler le mouvement. Les chercheurs ont travaillé avec des serpents capturés dans le parc national de Kubah, dans l’État malaisien du Sarawak.
Le dispositif comprenait une piste de 2,2 mètres. Les scientifiques plaçaient chaque animal à une extrémité et le stimulaient par une légère tape pour l’inciter à avancer, tandis que des caméras filmaient ses déplacements. L’équipe a observé 11 P. saravacense, un P. collaris et un P. longiceps. Six serpents du genre Calamaria ont également été testés à titre de comparaison.
Sur la piste, les 13 Pseudorabdion ont fait des roues. Aucun des six Calamaria n’a adopté cette locomotion. À leur vitesse maximale, les serpents roulaient à une vitesse comprise entre 1,7 et 3,7 mètres par seconde, soit environ 6 à 13 kilomètres par heure.
La queue passe par-dessus la tête
Le mouvement commence avec le corps recourbé en forme de C et la tête relevée, tournée dans le sens de la marche. Le serpent lance ensuite sa queue vers l’arrière, ce qui soulève brièvement son corps. Il la ramène alors vers l’avant, au-dessus de sa tête, puis la pose au sol à côté de celle-ci. L’appui de la queue amorce la rotation suivante.
Pendant ces rotations, la tête reste relativement stable et orientée dans la direction du déplacement. Les chercheurs rapprochent ce contrôle de celui observé chez les serpents volants, qui stabilisent également leur tête lorsqu’ils s’élancent dans les airs.
Un comportement encore mal compris
Les images documentent la mécanique de cette locomotion, mais ne répondent pas à la question de son origine. Jessica Tingle, biologiste à l’université Brown et non impliquée dans l’étude, s’interroge notamment sur l’existence d’une particularité anatomique, physiologique ou nerveuse chez les Pseudorabdion. Il reste aussi à déterminer si d’autres serpents disposent des capacités nécessaires sans utiliser cette façon de se déplacer.
Les observations rappellent des récits du XIXe siècle consacrés aux « serpents cerceaux », qui auraient roulé pour avancer. Tingle estime toutefois qu’il n’est pas possible d’affirmer que ces textes décrivaient précisément le comportement observé aujourd’hui. Les vidéos établissent qu’un serpent peut réellement se déplacer en roulant, sans confirmer pour autant l’exactitude de ces anciens récits.
Source : Science News (www.sciencenews.org)
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Auteur : Maria Temming







