À Nantes, le projet ReNAissance explore une piste de biothérapie : faire produire à l’organisme une protéine thérapeutique à partir d’un ARN messager injecté. Des résultats précliniques chez la souris sont rapportés par l’Inserm, mais cette approche n’a pas encore été évaluée chez l’humain. Elle reste donc une recherche en cours, et non un traitement disponible.

Une approche différente des vaccins à ARN

Un ARN messager contient des instructions permettant aux cellules de fabriquer une protéine. Dans les vaccins à ARN contre la Covid-19, ces instructions servent à produire temporairement une protéine du virus afin d’entraîner le système immunitaire à le reconnaître. ReNAissance étudie une autre stratégie : fournir directement les instructions pour fabriquer une protéine ayant un rôle thérapeutique, par exemple un anticorps.
L’objectif du projet, lancé en 2025, est de développer une plateforme pour produire l’ARN thérapeutique et son vecteur, c’est-à-dire le système qui aide l’ARN à pénétrer dans les cellules. À terme, cette méthode pourrait être étudiée pour des maladies liées à l’absence ou au mauvais fonctionnement d’une protéine. Cela ne signifie pas qu’elle puisse déjà traiter ces maladies.
Ce que montrent les premiers résultats
Selon l’article publié par l’Inserm le 19 octobre 2026, l’équipe de Bruno Pitard a testé son approche chez des souris saines, en leur administrant de l’ARN destiné à faire produire un anticorps contre le SARS-CoV-2. Les chercheurs rapportent avoir détecté des anticorps en quantité importante dans le sang des animaux et ne pas avoir observé de réponse inflammatoire avec le vecteur utilisé.
Il s’agit d’un résultat préclinique, obtenu chez l’animal, et non d’un essai clinique chez des patients. L’article de l’Inserm ne précise pas le nombre de souris ni la durée de présence des anticorps. L’équipe prévoit désormais d’étudier si cette stratégie protège des animaux exposés au virus après traitement. Cette étape doit encore apporter des éléments sur l’efficacité dans un modèle de maladie.
Pourquoi le vecteur compte
L’ARN ne pénètre pas facilement seul dans les cellules : il doit être transporté par un vecteur. L’équipe a choisi un polymère, plutôt que le vecteur lipidique utilisé dans les vaccins à ARN évoqués dans l’article. Le choix de la formulation peut influencer la distribution de l’ARN dans l’organisme, son efficacité et la réaction biologique qu’il provoque.
La revue scientifique de Bruno Pitard et Irène Pitard publiée en 2024 dans médecine/sciences souligne notamment les défis liés au contrôle de la quantité de protéine produite et de la durée de cette production. Ces questions devront être étudiées pour chaque application envisagée.
Des étapes importantes restent à franchir
Les chercheurs évoquent une possible entrée en phase clinique à l’issue du projet, estimée dans environ deux ans au moment de l’article. Il s’agit d’une perspective, pas d’une date garantie ni de l’annonce d’essais déjà autorisés. Avant une éventuelle utilisation médicale, il faudra notamment évaluer chez l’humain la sécurité, la dose, la durée d’action et l’efficacité de cette approche.
Le projet ReNAissance illustre ainsi une piste de recherche prometteuse, mais encore précoce. Les résultats chez la souris ne permettent pas de conclure que la méthode sera efficace ou sans risque chez les personnes. Cet article fournit une information générale : il ne constitue ni un diagnostic ni une prescription médicale.
Source : Inserm ; revue scientifique publiée dans médecine/sciences en 2024.
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