Aller au contenu
Santé

Cancer du sein : des avatars biologiques à l’étude pour personnaliser les traitements

Le cancer du sein ne répond pas de la même manière aux traitements d’une personne à l’autre. Les analyses de la tumeur aident déjà les équipes médicales à choisir une prise en charge adaptée. Une autre piste, encore expérimentale, consiste à tester des médicaments sur un modèle miniature fabriqué à partir des cellules tumorales de la patiente. Une étude de l’Institut Curie et du CNRS publiée en 2026 évalue cette approche dite de « tumeur sur puce » : elle est prometteuse, mais ne constitue pas encore un outil de soin courant.

Crop anonymous female with breast cancer showing ribbon on white background of studio
Michelle Leman · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Ce que l’on sait déjà personnaliser

The iconic "Mes Que Un Club" slogan displayed at the Camp Nou stadium in Barcelona, Spain.
AXP Photography · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Le choix d’un traitement tient compte de plusieurs éléments : le type et le stade du cancer, ses caractéristiques biologiques, l’état de santé général et les préférences de la patiente. L’examen des tissus prélevés peut notamment repérer la présence de récepteurs hormonaux ou du marqueur HER2. Ces informations contribuent à déterminer si certaines hormonothérapies ou thérapies ciblées peuvent être envisagées. La décision est discutée par plusieurs spécialistes en réunion de concertation pluridisciplinaire. L’Institut national du cancer détaille le rôle de ces examens. (cancer.fr)

Ces biomarqueurs ne répondent toutefois pas à toutes les questions, notamment lorsqu’il faut départager plusieurs chimiothérapies possibles pour un cancer métastatique. Les chercheurs étudient donc des tests fonctionnels : au lieu de se fonder uniquement sur les caractéristiques de la tumeur, ils observent directement comment des cellules tumorales réagissent à différents médicaments en laboratoire.

Une tumeur miniature testée sur une puce

Dans l’étude menée par des équipes de l’Institut Curie et du CNRS, publiée dans Cell Reports Medicine le 28 août 2026, des cellules issues de tumeurs mammaires sont organisées en modèles tridimensionnels dans un dispositif microfluidique. Cette « tumeur sur puce » reproduit certains aspects de l’environnement tumoral. Les chercheurs y exposent les cellules à des traitements, puis mesurent leur réponse.

Les résultats ont été comparés à ceux obtenus avec des xénogreffes dérivées de patientes, des modèles où des tissus tumoraux humains sont implantés chez des souris. Selon les équipes, les profils de sensibilité correspondaient dans 88 % des cas et les profils de résistance dans 91 % des cas. Les tests sur puce ont été réalisés en quatre jours. Ces chiffres décrivent une concordance avec un modèle de référence : ils ne signifient pas que le test a déjà démontré qu’il améliore les résultats de santé des patientes. (presse.curie.fr)

Ce que cela pourrait changer — et ce que cela ne change pas encore

À terme, un test de ce type pourrait aider les équipes à comparer plusieurs options et à éviter, dans certaines situations, un médicament auquel la tumeur serait peu sensible. Il pourrait ainsi compléter les informations déjà utilisées pour décider d’un traitement. Mais il ne remplace ni l’examen anatomopathologique ni l’évaluation clinique : le comportement de cellules cultivées en laboratoire ne reproduit pas à lui seul tout ce qui se passe dans un organisme.

L’étude de 2026 est une preuve de concept, c’est-à-dire une étape montrant qu’une méthode est réalisable et mérite d’être évaluée davantage. L’Institut Curie indique qu’un essai clinique destiné à valider l’approche chez des patientes est prévu pour le second semestre 2027. À la date de publication de cet article, cette échéance reste un projet annoncé, pas la preuve que le dispositif est déjà disponible en pratique courante. (presse.curie.fr)

Les limites à connaître

Les résultats de laboratoire ne suffisent pas à établir qu’un test guidera efficacement les soins dans des situations variées. Il faudra notamment vérifier sa fiabilité chez les patientes, la possibilité d’obtenir des résultats assez rapidement pour éclairer les décisions, et la capacité du modèle à représenter la diversité des tumeurs. Les résultats présentés concernent une méthode à l’étude : ils ne permettent pas de choisir ou de modifier un traitement individuel.

En pratique, les traitements du cancer du sein restent décidés par les équipes soignantes à partir de l’ensemble du dossier médical et des recommandations applicables. Toute question sur une prise en charge personnelle doit être discutée avec les professionnels qui suivent la patiente.


Sources médicales : Institut Curie et CNRS, étude publiée dans Cell Reports Medicine le 28 août 2026 ; Institut national du cancer, informations sur l’examen anatomopathologique et les traitements du cancer du sein.

Source : Santé

Article original : Consulter la source originale

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

Voir le profil et tous les articles
POUR APPROFONDIR

Articles liés à ce sujet

Articles de la même rubrique ou associés à cette localité. Il s’agit de contenus liés, pas nécessairement de comptes rendus du même événement.

Artia13 Music
Compte
Temps de lecture gratuit05:00