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Violences du 17 octobre : mobilité et anonymat compliquent l’identification des black blocs

Les violences survenues en marge des manifestations contre la vie chère du samedi 17 octobre ont donné lieu à 2 397 interpellations en France, dont 855 à Paris, selon les chiffres du ministère de la Justice rapportés le 19 octobre. Mais les personnes arrêtées sur le moment ne sont pas nécessairement celles qui ont joué un rôle moteur dans les dégradations. La mobilité des black blocs et leur capacité à se fondre dans la foule compliquent leur identification ; les enquêteurs misent désormais sur l’analyse des images et les investigations judiciaires. (rtl.fr)

Unrecognizable people gathering together for protest for police brutality and black lives matter holding banners with Racism violence
Mathias Reding · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Les interpellations ne désignent pas forcément les meneurs

Sunny marina view with palm trees and architecture in Palavas-les-Flots, France.
La Ville Nouvelle · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Lors d’une manifestation, les forces de l’ordre interviennent dans une situation mouvante et ne peuvent pas toujours distinguer précisément les différents rôles, explique Fabien Jobard, chercheur au CNRS spécialiste des questions policières. Selon lui, les personnes arrêtées sur place sont souvent moins expérimentées et moins mobiles que celles qui ont participé aux actions les plus organisées.

Les comparutions immédiates ont commencé dans plusieurs villes, tandis que les investigations se poursuivent pour identifier les personnes soupçonnées d’avoir pris une part importante aux violences. La procureure de Paris, Laure Beccuau, indiquait le 19 octobre que la majorité des personnes placées en garde à vue n’était pas connue des services de police.

Une tactique fondée sur la mobilité

Les black blocs ne constituent pas, selon Fabien Jobard, une organisation dotée d’une hiérarchie ou d’un chef. Des participants peuvent toutefois s’accorder à l’avance sur des façons d’agir, des points de rassemblement ou des caches de matériel, indique le chercheur.

Leur mobilité rend leur arrestation difficile. Une source policière citée dans l’article explique que certains changent rapidement de tenue pour se fondre dans la foule. Les forces de l’ordre cherchent notamment à repérer ces changements de vêtements, parfois désignés comme des « silhouettages », afin d’intervenir avant que les groupes ne se dispersent.

La connaissance des méthodes policières et la rapidité des déplacements compliquent également les interventions. Les participants peuvent anticiper les actions des forces de l’ordre et quitter les lieux avant d’être interpellés.

Un effet d’entraînement dans la foule

Les personnes vêtues de noir ne sont pas toutes membres d’un black bloc. Une autre source policière évoque un effet d’entraînement : les premiers groupes auraient lancé le désordre, auquel d’autres personnes se seraient ensuite associées.

Parmi elles, des pilleurs auraient profité de la confusion pour s’en prendre à des commerces. D’autres manifestants auraient ramassé des pavés ou suivi les pillages. Selon les éléments rapportés, ces participants ont souvent été interpellés sur place, sans avoir nécessairement joué un rôle dans la préparation des actions.

Fabien Jobard estime que les black blocs cherchent à provoquer une escalade des violences pour dénoncer ce qu’ils présentent comme la nature violente de l’État. Il ajoute que certains peuvent dégrader des vitrines sans entrer dans les magasins, laissant à d’autres le soin d’y pénétrer.

Les enquêteurs s’appuient sur les images et les indices

Pour identifier les auteurs présumés des faits les plus graves, la police judiciaire prend le relais des interpellations en flagrant délit. La procureure de Paris a annoncé l’ouverture d’enquêtes préliminaires. Les enquêteurs peuvent rechercher des traces laissées sur les lieux, comme du sang ou des empreintes, et retracer les déplacements des personnes concernées.

Le préfet de police de Paris a également annoncé la création d’une « task force » chargée d’examiner les images de vidéosurveillance et celles publiées sur les réseaux sociaux. L’objectif est de repérer un signe distinctif — par exemple une chaussure, une coiffure ou un foulard — puis de suivre la personne jusqu’à un moment où elle ne porte plus la même tenue. Des vérifications téléphoniques sont aussi menées pour tenter d’établir des liens entre des lignes.

Ces recherches demandent davantage de temps que les interpellations réalisées pendant une manifestation. Fabien Jobard souligne que leur ampleur dépend aussi des moyens disponibles pour la justice.


Source : 20Minutes – Une (www.20minutes.fr)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : Caroline Politi

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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