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Science et Espace

Sur Phobos, le rover Idefix testera son redressement autonome après un largage en chute libre

Le rover Idefix doit rejoindre Phobos à bord de la mission japonaise MMX. Après avoir été largué à une faible altitude, il devra tomber sur le sol, probablement rebondir, puis se redresser seul avant de commencer ses observations. La mission MMX est programmée pour un décollage le 19 octobre au soir, heure de France ; ce calendrier annoncé ne signifie pas que le lancement a déjà eu lieu. (esa.int)

A high-resolution image capturing Mars with its surface details visible in space.
Zelch Csaba · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Un atterrissage autonome sur Phobos

Développé par le Centre national d’études spatiales (CNES) et le Centre aérospatial allemand (DLR), Idefix accompagnera la mission Martian Moons eXploration (MMX), pilotée par l’agence spatiale japonaise Jaxa. Son objectif est d’explorer Phobos, l’une des deux lunes de Mars, dans un environnement où la gravité est extrêmement faible.

Lors d’une répétition de l’atterrissage de la sonde, le rover sera relâché à environ 40 mètres du sol. Sa chute pourrait être suivie de rebonds. Une fois immobilisé, il devra déployer ses pattes et ses roues pour se remettre à l’endroit, quelle que soit sa position. Cette séquence est prévue pour être réalisée de façon autonome, sans dépendre d’une liaison continue avec la Terre.

Idefix est conçu pour fonctionner au moins 100 jours. Il doit à la fois étudier le terrain et servir d’éclaireur à MMX, en recueillant des données utiles pour préparer l’atterrissage de la sonde et le prélèvement d’échantillons destinés à être ramenés sur Terre.

Un petit rover adapté à un terrain incertain

Le véhicule pèse 23,47 kilos, dont 2,44 kilos pour ses instruments scientifiques. Ses composants sensibles et ses batteries sont protégés dans un compartiment isolé thermiquement. Quatre panneaux solaires — trois déployables et un fixe —, couvrant au total 0,36 m², alimentent le rover et sa batterie rechargeable.

Sa locomotion repose sur quatre roues d’environ 20 centimètres de diamètre, chacune montée sur une patte articulée indépendante de 27,5 centimètres. Ce dispositif doit permettre de modifier l’assiette du rover et de dégager les roues si elles s’enlisent. Sur les sols meubles, Idefix pourra aussi avancer par petits mouvements successifs, en combinant le déplacement des pattes et la rotation des roues.

La vitesse nominale est limitée à 1 millimètre par seconde. Cette lenteur vise à réduire le risque de basculement lors d’un arrêt, dans un milieu où l’adhérence est faible et la gravité très réduite. L’objectif technique est de parcourir au moins 100 mètres au cours de la mission, même si la distance réellement atteignable reste difficile à prévoir.

Des mesures pour guider la mission MMX

Le rover embarque des caméras de navigation pour cartographier son environnement et des caméras tournées vers ses roues pour observer leur interaction avec le sol. Un spectromètre Raman doit analyser la composition minéralogique de la surface. Un radiomètre infrarouge mesurera, lui, ses propriétés thermiques et sa porosité.

Ces observations doivent documenter le régolithe — la couche de matériaux meubles qui recouvre le sol —, le comportement des grains en faible gravité et les caractéristiques minéralogiques et thermiques de Phobos. Elles apporteront un contexte pour interpréter les échantillons collectés par MMX et aideront à évaluer les risques liés à l’atterrissage et au prélèvement.

Des opérations pilotées depuis la Terre

Idefix ne communiquera pas directement avec la Terre. Les instructions et les données devront transiter par la sonde MMX, puis par les stations au sol de la Jaxa. Les opérations seront assurées en alternance par les équipes du CNES, à Toulouse, et du DLR, à Cologne. Le scénario prévu comprend une liaison quotidienne entre la Terre et MMX, et deux échanges par jour entre la sonde et le rover.

Parmi les objectifs de la mission figurent le redressement automatique du rover, ses premiers déplacements sur un corps céleste en microgravité, une mesure Raman de Phobos et la démonstration d’une capacité de navigation autonome. MMX doit décoller depuis le Japon le 20 octobre à 4 h 41, heure locale, soit le 19 octobre à 21 h 41 en France métropolitaine, selon le calendrier publié par l’Agence spatiale européenne. (esa.int)


Source : Les dernières actualités de Futura-Espace (www.futura-sciences.com)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : Rémy Decourt, Journaliste

Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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