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Inspiration Culinaire

À Lyon, Jérôme Bocuse dénonce les dégradations visant la statue de son père

À Lyon, la gastronomie ne se résume pas aux recettes ni aux grandes tables : elle repose aussi sur des équipes, des commerces et des lieux de rencontre. Les événements du samedi 17 octobre, autour de la place Bellecour, ont rappelé à quel point ce patrimoine vivant peut être lié à des personnes et à leur travail. La statue de Paul Bocuse, extraite de l’Office du tourisme puis dégradée, est devenue l’un des symboles des dégâts de cette journée.

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Tomal Bhattacharjee · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Une réaction qui dépasse le seul hommage familial

Stunning view of the Omaha Beach Memorial sculptures at Saint-Laurent-sur-Mer with the sea and sky as a backdrop.
Gu Bra · Pexels · Pexels License · Pexels License · Source : pexels.com

Depuis les États-Unis, où il vit et travaille depuis plus de 35 ans selon la source, Jérôme Bocuse a fait part de sa colère après avoir découvert les images. Dans une lettre publiée sur Facebook, le fils du chef distingue clairement le droit de manifester des actes de vandalisme. Il y évoque aussi le parcours de son père, fils de cuisinier, qui a consacré sa vie à son métier et à la transmission de la cuisine.

Paul Bocuse est mort en 2018, mais son nom demeure étroitement associé au rayonnement gastronomique de Lyon. Dans ce contexte, toucher à son effigie ne relève pas seulement d’une atteinte à un objet : pour sa famille, c’est aussi une blessure à la mémoire d’un cuisinier dont le travail a marqué plusieurs générations. Cette lecture est celle exprimée par Jérôme Bocuse dans sa lettre ; elle s’inscrit dans un débat plus large sur la place des symboles dans l’espace public.

Les métiers de bouche, au-delà des figures célèbres

La réaction de Jérôme Bocuse ne s’arrête pas à la statue. Il exprime également sa solidarité avec les commerçants, artisans et familles dont les activités ont été touchées par les dégradations et les pillages. C’est un rappel utile : derrière les adresses qui font vivre un quartier, il y a des équipes, des approvisionnements, des heures de travail et des activités qui dépendent de la confiance des clients.

Pour le monde de la restauration, cet aspect est essentiel. Une brasserie n’est pas seulement une enseigne ou une salle : elle fonctionne grâce à des personnes qui accueillent, cuisinent, servent et entretiennent le lieu. Quand un quartier est bouleversé, ces métiers sont eux aussi concernés. La cuisine lyonnaise, comme toute culture culinaire, se transmet dans ces gestes quotidiens autant que dans les hommages rendus à ses figures emblématiques.

La mobilisation des équipes de la brasserie Le Sud

Dans son message, Jérôme Bocuse remercie Paul Maurice Morel, directeur des Brasseries Bocuse, ainsi que les équipes de la brasserie Le Sud. Il salue leur intervention pour protéger la statue. La source rapporte que celle-ci a été dégradée lors des violences ; elle ne précise pas que son état aurait été entièrement restauré. Il convient donc de distinguer le geste des équipes, salué par la famille, de la question des réparations à venir.

Cette mobilisation donne à l’épisode une dimension concrète : la fidélité à un héritage s’exprime aussi par l’action de celles et ceux qui travaillent dans les établissements associés à son nom. Leur rôle ne remplace ni celui des secours ni celui des autorités, mais il rappelle que le patrimoine gastronomique est aussi porté par des collectifs professionnels.

Préserver une mémoire, soutenir les lieux de vie

Jérôme Bocuse demande que les responsables soient sanctionnés et souligne les conséquences des destructions pour les commerçants. Au-delà des prises de position, l’enjeu immédiat pour les établissements touchés est de pouvoir reprendre leur activité et de retrouver des conditions de travail sûres. Pour les habitants comme pour les visiteurs, les restaurants et commerces participent à la vie quotidienne d’un centre-ville, pas seulement à son image touristique.

La statue de Paul Bocuse est un symbole visible ; la vitalité gastronomique de Lyon, elle, se construit chaque jour dans les cuisines et les salles. L’émotion suscitée par les dégradations rappelle l’attachement à cet héritage. Sa préservation passe aussi par le respect des personnes et des lieux qui le font vivre.


Source : France 3 Régions – gastronomie

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Cédric Balcon-Hermand
À PROPOS DE L’AUTEUR

Cédric Balcon-Hermand

Journaliste d’Artia13.city, président de l’association Artia13, auteur et éditeur sous le nom Cédric Balcon, ainsi qu’auteur-compositeur de musique.

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