À Libreville, où la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC) marque ses 43 ans, des témoignages mettent en lumière l’écart entre les ambitions d’intégration régionale et les difficultés rencontrées aux frontières. Pour les voyageurs comme pour les commerçants, les formalités, les contrôles et les frais peuvent encore entraver les déplacements et les échanges.

Des déplacements encore compliqués
Bernard Tamto, citoyen camerounais, décrit des passages frontaliers difficiles, notamment vers Malabo, au Gabon ou pour rejoindre Libreville. « Au-delà des textes », dit-il, traverser les frontières de la sous-région « n’est pas évident ».
Le parcours d’Oumar, réfugié centrafricain installé au Cameroun, illustre une autre difficulté : il explique ne pas pouvoir quitter le pays faute de passeport. Selon son témoignage, même un laissez-passer délivré par une ambassade ne suffit pas toujours à faciliter le passage à l’aéroport.
Les entraves concernent aussi les échanges commerciaux. Retards, contrôles et frais supplémentaires aux frontières compliquent l’activité des commerçants et peuvent réduire leurs bénéfices. Plus largement, voyager, travailler ou étudier dans un pays voisin reste difficile pour les ressortissants d’Afrique centrale.
Une avancée dans l’espace CEMAC
La CEEAC compte onze États membres. Six d’entre eux — le Cameroun, le Gabon, le Tchad, le Congo, la République centrafricaine et la Guinée équatoriale — appartiennent également à la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC). Dans cet espace, des séjours sans visa sont autorisés pour une durée maximale de 90 jours.
Cette disposition ne couvre toutefois qu’une partie des pays de la CEEAC. Les règles restent à harmoniser à l’échelle de toute la sous-région afin de faciliter les déplacements entre ses États membres.
Des engagements à concrétiser
Pour Thierry Ndong, directeur de publication du journal L’Intégration, l’intégration régionale doit se traduire dans la vie quotidienne des populations, et ne pas rester cantonnée aux discussions entre dirigeants. Il estime également que les communautés économiques régionales devraient être fusionnées.
Quarante-trois ans après sa création, la CEEAC reste confrontée au défi de transformer ses engagements en mesures concrètes : simplifier les formalités, coordonner les politiques des États et assurer l’application des décisions. La libre circulation constitue ainsi un enjeu à la fois pour les déplacements des personnes et pour le développement du commerce régional. La CEEAC a été instituée à Libreville le 18 octobre 1983. (ceeac-eccas.in)
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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