Un chiffre loin des précédents scrutins
Patrick Mennucci, coordinateur de la primaire, a annoncé le nombre d’inscrits dans la nuit du 5 au 6 octobre. Ils pouvaient appartenir à Place publique, au Parti socialiste ou à la Gauche républicaine et socialiste d’Emmanuel Maurel. Ces formations espèrent que la désignation d’un candidat favorisera l’unité, mais la campagne a aussi révélé des désaccords entre les participants.
Le contraste avec les primaires socialistes précédentes est marqué. En 2011, 2,8 millions de personnes avaient voté pour départager François Hollande et Martine Aubry. En 2017, plus de 2 millions avaient participé au scrutin remporté par Benoît Hamon face à Manuel Valls. Le nombre d’inscrits annoncé en 2026 est donc environ vingt fois inférieur à celui de 2011.
Des conditions d’accès plus exigeantes
La comparaison doit toutefois tenir compte des modalités de participation. En 2011, il suffisait de verser 2 euros et de signer une charte d’adhésion aux valeurs de la gauche pour voter ; aucune inscription préalable n’était requise. Pour la primaire de 2026, les participants devaient s’inscrire, adhérer à l’un des partis concernés et payer 15 euros.
Le HuffPost estime que ces conditions ont pu écarter des électeurs éloignés des organisations politiques. Le scrutin, conçu sans ouverture à l’ensemble des sympathisants, a ainsi pu mobiliser plus facilement les militants que les électeurs extérieurs aux partis participants.
Une campagne dominée par les désaccords
La couverture de la primaire a également été marquée par des affrontements entre candidats. Lors du débat diffusé sur BFMTV le 4 octobre, une longue séquence a porté sur des différends personnels, notamment après des propos de Raphaël Glucksmann sur Ségolène Royal. Certains observateurs ont jugé que la campagne ressemblait davantage à un congrès du PS qu’à une préparation à l’élection présidentielle.
Les échanges ont aussi été fortement centrés sur la relation à La France insoumise. Raphaël Glucksmann et Jérôme Guedj s’opposent à un rapprochement avec le mouvement de Jean-Luc Mélenchon pour les législatives. Olivier Faure, lui, défend un rassemblement de la gauche à l’Assemblée. Ces divergences ont pris une place importante dans les débats, alors que la primaire devait aussi désigner un candidat pour 2027.
Une dynamique politique encore incertaine
Le contexte du Parti socialiste a également évolué depuis 2011. Le parti a obtenu 6,36 % des voix à la présidentielle de 2017, puis 1,75 % en 2022. Ces résultats contribuent à expliquer l’écart avec les mobilisations passées, sans suffire à déterminer à eux seuls les raisons du nombre d’inscrits cette année.
La campagne aurait permis au PS et à Place publique de doubler le nombre de leurs adhérents, selon le HuffPost. Reste à savoir si cette progression se traduira par un élan durable au-delà de la primaire. Le scrutin de désignation et la suite de la campagne présidentielle permettront d’en mer la portée.
Source : Le HuffPost : actualités et infos décalées en continu, en France et dans le monde (www.huffingtonpost.fr)
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Auteur : Marceau Taburet



