En Syrie, les annonces judiciaires se succèdent, mais la justice transitionnelle reste contestée. Le 15 octobre, le tribunal d’Alep a prononcé de nouvelles condamnations liées aux violences de mars 2025. Deux jours plus tard, le ministère de la Justice a annoncé l’arrestation au Liban d’un proche de Bachar el-Assad. Pour les victimes, ces annonces ne suffisent pas à garantir que justice soit rendue.
Des procès contestés après les violences de mars 2025
Les audiences d’Alep portent notamment sur les affrontements de mars 2025 entre des paramilitaires alaouites loyaux à Bachar el-Assad, depuis renversé, et les forces des nouvelles autorités de Damas. Ces violences ont fait environ 1 700 morts civils alaouites, selon l’Observatoire syrien des droits de l’Homme (OSDH).
Le 15 octobre, plusieurs personnes ont été condamnées dans le cadre de ces affaires, dont des membres des forces liées à l’ancien régime et des membres des forces gouvernementales. Les décisions prononcées ce jour-là s’inscrivent dans une série de procès présentés comme une première étape de la justice transitionnelle. (arabic.euronews.com)
Plus largement, plusieurs membres de l’ancien régime ont été condamnés à mort lors de procès qualifiés d’expéditifs. Selon les éléments rapportés par RFI, ces procédures ont été lancées avant une réforme du droit syrien hérité de la dictature.
L’OSDH dénonce des poursuites déséquilibrées
Rami Abdelraman, directeur de l’OSDH, estime que les procès ne permettent pas d’établir une justice transitionnelle. Il dénonce des audiences qu’il juge « ridicules et factices » et affirme que de nombreux hommes sunnites filmés pendant les massacres sont toujours en liberté, tandis que les condamnations les plus lourdes touchent des personnes alaouites.
La minorité alaouite, dont est issu Bachar el-Assad, continue par ailleurs d’être stigmatisée, selon RFI. Le média rapporte également que, dans le sud, la population druze est assiégée par les forces gouvernementales depuis plus d’un an, tandis que des populations kurdes peinent à regagner des villes dont elles ont été chassées par des forces désormais rattachées à Damas.
Ces éléments nourrissent les critiques sur l’impartialité des procédures et sur la capacité des autorités à répondre aux attentes des victimes. Les annonces de condamnations et d’arrestations ne dissipent pas, à elles seules, les doutes exprimés par l’OSDH sur l’équité des procès.
Source : RFI – Actualités, info, news en direct – Radio France Internationale (www.rfi.fr)
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Auteur : RFI








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