À Paris, la mobilisation du samedi 17 octobre 2026 a réuni des manifestants aux revendications diverses, de la défense des services publics à la dénonciation de la vie chère et des violences policières. Place de la République, une ambiance de fanfare et de slogans a coexisté avec des affrontements, des tirs de gaz lacrymogènes et des voitures en feu.
Une place sous tension
En début d’après-midi, la place de la République était déjà très fréquentée. À l’entrée, des gendarmes contrôlaient les sacs et retiraient certains objets. Des agents ont également demandé à des manifestants de retirer leurs masques et ont interdit, selon leurs indications, le sérum physiologique, en invoquant un arrêté préfectoral.
Au pied du monument, l’atmosphère variait selon les côtés de la place. D’un côté, une fanfare accompagnait les pancartes et les chants politiques. De l’autre, des manifestants lançaient des mortiers d’artifice vers les forces de l’ordre, qui ripostaient avec des grenades lacrymogènes. Des protestataires ont fui les gaz, tandis que d’autres tentaient de leur venir en aide.
Damien, 25 ans, présentait son aide comme celle d’un « street-medic amateur » et distribuait des dosettes préparées par ses soins. Il explique s’être mobilisé contre la vie chère, la dégradation des services publics et l’envoi de matériel militaire à Israël, ainsi qu’en soutien au peuple palestinien. Il rattache ces revendications à une volonté de rupture avec le libéralisme.

Des revendications qui se croisent
Le rassemblement entendait faire converger plusieurs luttes. Les pancartes et les prises de parole évoquaient notamment les conditions de travail à l’hôpital, la jeunesse et la mémoire du 17 octobre 1961, date de la répression meurtrière d’une manifestation pacifique d’Algériens à Paris.
Lina, étudiante de 21 ans en sciences de l’éducation, portait une pancarte rappelant cette date. Elle dit manifester pour son frère lycéen et pour les enfants qu’elle espère enseigner. Son slogan associe la mémoire de la répression de 1961 à une dénonciation des violences policières actuelles, selon ses mots.
Dans le cortège parti du boulevard de Magenta vers 14 heures, Johanna, infirmière, alertait sur les difficultés de l’hôpital public. Elle décrit des équipes en sous-effectif, des lits qui ferment, une charge de travail accrue et du matériel qu’elle juge défectueux. Elle réclame davantage de moyens pour les services publics.
Professionnels de santé, enseignants, retraités et quelques Gilets jaunes défilaient aux côtés de nombreux jeunes. Des slogans défendant la parole des adolescents et dénonçant les violences envers les mineurs côtoyaient la musique et les danses improvisées.

La fête et la colère
La mobilisation a ainsi mêlé moments festifs et scènes de confrontation. Alors que le cortège avançait au son de la fanfare ou de la musique techno, des affrontements se poursuivaient place de la République, où des voitures brûlaient et où les gaz lacrymogènes se dispersaient dans l’air.
La scène résume le contraste observé au cours de la journée : une contestation portée par des causes multiples, mais traversée par une forte tension. La musique et les slogans n’ont pas effacé la colère qui s’exprimait dans la rue.
Source : France 24 – Infos, news & actualités – L'information internationale en direct (www.france24.com)
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Auteur : Pauline ROUQUETTE





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