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Environnement

La fonte complète du bassin de Wilkes pourrait faire monter les océans de 3 à 4 mètres

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Le bassin sous-glaciaire de Wilkes, en Antarctique oriental, renferme assez de glace pour faire monter le niveau moyen des mers de 3 à 4 mètres si elle fondait entièrement. Des travaux sur les périodes chaudes du passé suggèrent que cette région a déjà connu un important recul glaciaire. Mais les données manquent encore pour déterminer à quelle vitesse elle pourrait évoluer aujourd’hui.

Publié le 10 octobre 2026 par Numerama, le texte de The Conversation souligne un enjeu peu documenté : le bassin de Wilkes est vaste, difficile d’accès et vulnérable à l’intrusion de l’océan sous la glace. Les auteurs appellent à renforcer les observations de terrain et les recherches pour mieux comprendre son comportement.

Un bassin profond sous la glace

Le bassin s’étend sur environ 1 400 kilomètres sur 400. Sous sa surface glacée, le socle rocheux forme une vaste dépression qui descend jusqu’à 2 000 mètres sous le niveau de la mer. Pour l’instant, l’épaisseur de la glace empêche l’océan de pénétrer dans cette cuvette, mais l’eau marine est en contact avec ses bordures.

La configuration du relief rend la zone sensible au recul de la glace. À mesure que celle-ci se retire vers l’intérieur, l’océan pourrait atteindre de nouvelles portions du bassin et accélérer la fonte. Le texte décrit un mécanisme susceptible de s’amplifier : une pente du socle s’enfonce vers l’intérieur des terres, ce qui pourrait favoriser une progression de l’eau sous la glace.

Les eaux au large de l’Antarctique oriental avoisinent -1,8 °C. Bien que cette température soit proche du point de congélation de l’eau de mer, elle reste plus élevée que celle de la glace. Une hausse de la température océanique ou une modification des courants pourrait donc accélérer la fonte des marges glaciaires, selon les auteurs.

Des signes anciens, mais des observations limitées

Une partie des connaissances actuelles provient de relevés aériens réalisés avec des radars capables de sonder la glace. Les observations satellitaires ont également révélé l’effondrement d’une plate-forme glaciaire en bordure du bassin, dans les années 1970 ou 1980. Mais les scientifiques ignorent encore par quelles voies l’eau océanique peut atteindre la glace et disposent de trop peu de données sur les températures de l’océan pour estimer de manière fiable le rythme de fonte.

Les archives géologiques apportent un autre éclairage. Au Pliocène, il y a environ trois millions d’années, les températures mondiales étaient de 2 à 3 °C supérieures à celles de l’époque préindustrielle. Les reconstitutions indiquent que les calottes glaciaires ont alors reculé de plusieurs centaines de kilomètres et que le niveau des mers était de 6 à 23 mètres plus élevé qu’aujourd’hui. Ces éléments témoignent de changements importants en Antarctique pendant cette période chaude, sans permettre de dater précisément un éventuel recul futur du bassin de Wilkes.

Un terrain difficile à étudier

Le bassin reste parmi les régions les moins observées de la planète. La banquise qui l’entoure est épaisse et persistante, ce qui complique les opérations en mer. Selon le texte, aucun navire ne s’est approché à moins de 150 kilomètres du glacier Cook, l’un des principaux glaciers de la région. La station permanente la plus proche se trouve, elle, à 250 kilomètres.

Les satellites ne pouvant observer directement les fonds marins sous la glace, des expéditions seraient nécessaires pour cartographier le relief sous-marin et mesurer les conditions océaniques. Les chercheurs pourraient aussi s’appuyer sur des capteurs robotisés et sur des forages de plus de trois kilomètres, afin de prélever des sédiments et des échantillons du socle rocheux. Des traces d’organismes marins dans ces sédiments pourraient aider à reconstituer les périodes où l’océan pénétrait dans le bassin.

La fonte complète de cette réserve de glace n’est pas présentée comme un événement imminent. C’est son ampleur potentielle, combinée aux incertitudes sur son évolution, qui motive l’appel à une coopération scientifique internationale sur plusieurs années. Les auteurs estiment que de nouvelles observations sont nécessaires pour mieux évaluer la vulnérabilité du bassin et les délais possibles de son recul.


Source : Environnement : les articles et enquêtes de la rédaction de Numerama (www.numerama.com)

Article original : Consulter la source originale

Auteur : The Conversation

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