Lors de l’ouverture des débats sur une proposition de loi intégrale contre les violences sexistes et sexuelles, le député Christopher Weissberg a raconté avoir été victime, adolescent, d’une tentative de viol et d’homicide. Son témoignage à l’Assemblée nationale, le 1er octobre 2026, a mis en lumière les épreuves de la procédure pénale et les difficultés rencontrées par de nombreuses victimes.
Un témoignage à la tribune de l’Assemblée
Président de la commission spéciale chargée d’examiner le texte, Christopher Weissberg, député du groupe Ensemble pour la République, a évoqué son parcours devant ses collègues. Il a décrit les différentes étapes de la procédure : son dépôt de plainte, la collecte de preuves à l’hôpital, la contestation de son témoignage et sa confrontation avec l’auteur présumé.
Selon le récit du député, la procédure a duré près de trois ans. L’homme mis en cause a été reconnu coupable et incarcéré. Christopher Weissberg a expliqué que l’issue judiciaire l’avait aidé à se reconstruire, tout en soulignant que beaucoup de victimes n’obtiennent pas de réponse comparable.
Il a également insisté sur le poids de la procédure, qui peut s’ajouter aux conséquences de l’agression : devoir raconter plusieurs fois les faits, attendre des nouvelles de la plainte et faire face aux répercussions de ces délais.
Un écart entre les plaintes et les condamnations
Pour illustrer les difficultés d’accès à la justice, le texte rapporte des chiffres du rapport 2023 du Haut Conseil à l’Égalité : 19 155 plaintes pour viols ont été recensées, tandis que 2 465 affaires ont été renvoyées devant une juridiction. Le bilan mentionne également 636 condamnations en cour d’assises.
La question des réponses apportées par les institutions est aussi évoquée à la lumière de l’affaire Lyhanna. Selon les éléments rapportés, le meurtrier présumé avait auparavant fait l’objet de plaintes et de signalements. Le manque de réactivité de la justice a suscité une colère nationale, indique le récit.
Un texte couvrant plusieurs domaines
Examinée à l’Assemblée à partir du 1er octobre, la proposition de loi compte près de 94 articles. Elle porte sur les réponses éducatives, sanitaires, judiciaires et policières aux violences sexistes et sexuelles. Le texte est issu d’un travail collectif d’associations et de parlementaires, engagé en marge de l’affaire Lyhanna.
La proposition doit être soumise au vote des députés le 13 octobre 2026. Elle bénéficie d’un consensus général, même si La France insoumise ne l’a pas cosignée. Les groupes d’extrême droite ont, eux, été exclus des travaux dès leur lancement.
Reste la question du financement. Christopher Weissberg a appelé à adopter une loi qui puisse être appliquée concrètement et franchir l’étape du Sénat. Les moyens nécessaires pourraient toutefois se heurter aux contraintes budgétaires liées au projet de loi de finances pour 2027.
Source : Assemblee-nationale : actualités et infos décalées en continu, en France et dans le monde (www.huffingtonpost.fr)
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