Une tablette scolaire, des usages à clarifier
Miriam Kendall, mère de trois enfants, s’est inquiétée en découvrant que sa fille, alors en CE1, avait regardé des clips musicaux sur sa tablette pendant le temps scolaire. L’épisode l’a conduite à interroger d’autres familles et à créer Screen Sense Evanston, un collectif qui interpelle le conseil scolaire du district 65, dans la région de Chicago.
Le groupe ne demande pas de bannir les outils numériques de l’enseignement. Il plaide plutôt pour des règles plus lisibles : pas d’iPad pendant les récréations à l’intérieur ou les pauses, des durées maximales adaptées à l’âge, davantage de supports sans écran et le retrait des applications non éducatives des appareils scolaires. Il souhaite aussi que les familles donnent leur accord avant qu’une tablette soit rapportée à la maison. Le collectif précise que ses demandes ne visent pas les élèves qui ont besoin d’un appareil comme outil d’assistance.
Un désaccord sur la place du numérique

La discussion oppose moins deux camps — « pour » ou « contre » la technologie — qu’elle ne met en lumière un problème de dosage et de contrôle. Les parents veulent savoir ce que les élèves font sur leurs appareils et dans quelles situations ceux-ci sont utilisés. Un outil numérique peut soutenir une activité pédagogique ; il peut aussi ouvrir la porte à des contenus de divertissement ou remplacer un temps de lecture, de jeu et d’échange.
Le district 65 présente, de son côté, les iPad comme des ressources destinées à l’enseignement : tous les élèves de la maternelle à la 8e année en reçoivent un. Sa présentation officielle affirme que la technologie doit enrichir les apprentissages et développer des compétences numériques. Cette différence de perspective explique une partie du débat : les parents questionnent l’usage quotidien et son encadrement, tandis que l’institution défend l’intérêt pédagogique de l’équipement.
Un enjeu qui dépasse Evanston
La contestation locale s’inscrit dans un environnement scolaire où les appareils individuels sont largement répandus. Selon le National Center for Education Statistics, environ 88 % des écoles publiques américaines disposaient d’un programme attribuant un appareil à chaque élève pour l’année scolaire 2024-2025. Ce chiffre décrit l’ampleur de l’équipement, pas le temps passé devant les écrans ni la qualité des usages : deux questions que les familles d’Evanston souhaitent précisément voir examinées.
La mobilisation invite ainsi les établissements à rendre leurs pratiques plus transparentes : quels usages sont prévus, combien de temps durent-ils et quelles alternatives existent ? Le débat gagne à distinguer l’apprentissage de compétences numériques — qui peut avoir sa place à l’école — de l’exposition automatique aux écrans, notamment durant les temps libres. La demande de Screen Sense Evanston est moins une marche arrière technologique qu’un appel à choisir les moments et les objectifs.

Source principale : Courrier international – Actualités France et Monde, vidéos, infographies (www.courrierinternational.com)
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Auteur : Stephanie Cook Broadhurst, traduit par Julie Marcot
Sources complémentaires
- Screen Sense Evanston — présentation du collectif et de ses demandes
- Evanston/Skokie School District 65 — politique d’utilisation des technologies pédagogiques
- National Center for Education Statistics — données sur l’équipement numérique des écoles publiques




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