Un feu vert, pas encore un festival sur scène
Les anciens organisateurs contestaient l’appel à projets lancé par l’Association pour le développement de la bande dessinée à Angoulême (ADBDA) pour désigner un nouvel organisateur. Ils demandaient notamment son annulation et l’interdiction de préparer un autre festival à Angoulême, ainsi que 300 000 euros de dommages et intérêts.
Le tribunal a écarté les accusations de concurrence déloyale et de parasitisme. Selon sa décision, le public ne risque pas de confondre les deux manifestations, qui ne sont pas appelées à se tenir simultanément. Le jugement relève aussi que le groupe Morgane devait concevoir une identité et une marque distinctes de celles du FIBD.
En clair, la justice ne tranche pas ici la valeur artistique du futur événement, ni la manière dont il renouera avec le public et les professionnels. Elle rejette les demandes visant à bloquer le processus de remplacement et permet à l’ADBDA et à Morgane de poursuivre leur projet.

Une succession née d’une crise
La décision intervient après l’annulation de l’édition 2026. 9eArt+, qui organisait le festival depuis 2007, avait renoncé à cette édition dans un contexte de boycott d’auteurs et d’autrices opposés à sa gestion. Les pouvoirs publics ayant retiré leur soutien financier, l’ADBDA a engagé une procédure pour trouver un nouvel organisateur, avec l’objectif de relancer un festival à partir de 2027. Le groupe Morgane a été retenu à l’issue de cet appel à projets.
Ce changement dépasse donc la seule question du prestataire. Il ouvre une nouvelle étape pour un rendez-vous culturel dont l’avenir s’est retrouvé pris entre contestation professionnelle, retrait des financeurs et bataille autour de son organisation. Le jugement permet d’avancer, mais la confiance des artistes, des éditeurs et du public devra, elle, se reconstruire sur le terrain.
Des frais de procédure à la charge des anciens organisateurs
L’association du FIBD devra verser 4 000 euros à l’ADBDA et 3 000 euros à la société Morgane au titre des frais de procédure. Des sommes similaires ont été prononcées contre 9eArt+, placée en liquidation judiciaire : elles seront inscrites au passif de la société.
Pour Angoulême, l’enjeu est désormais de transformer cette autorisation judiciaire en projet culturel concret. La décision du 14 octobre rend possible la préparation d’un nouveau festival ; elle ne garantit pas, à elle seule, que celui-ci retrouvera l’ampleur ni la place symbolique de l’ancien FIBD.

Source principale : 20Minutes – Actu Culture (www.20minutes.fr)
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Auteur : O.M. avec AFP




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