Un soutien fondé sur le souvenir de sa présidence
Joseph Kabila, qui a dirigé la République démocratique du Congo de 2001 à 2019, prend la tête du nouveau mouvement. Corneille Nangaa, de l’AFC, et Bertrand Bisimwa, du M23, en sont présentés comme vice-présidents, après l’annonce de la dissolution de leurs mouvements au profit du FRN.
Dans le Katanga, région où l’ancien président conserve une place particulière pour une partie de la population, l’annonce ravive aussi les souvenirs de l’histoire politique locale. Son père, Laurent-Désiré Kabila, avait conduit l’AFDL jusqu’à Kinshasa en 1997, mettant fin au régime de Mobutu Sese Seko. Joseph Kabila lui avait succédé après son assassinat, en 2001.
Arlette Kalend, habitante de Kolwezi, estime que les conditions de vie étaient meilleures sous la présidence de Joseph Kabila. Cette perception favorable nourrit, selon elle, le soutien dont il peut bénéficier dans la région.
Des critiques sur le recours à la force
À l’inverse, Augustin Shambuyi, porte-parole de l’UDPS dans la province du Lualaba, s’oppose à l’idée que les Katangais soutiennent l’ancien président. Il met en avant les conséquences de la guerre et critique son association avec l’AFC et le M23, qu’il décrit comme soutenus par le Rwanda.
Lambert Menda, coordonnateur de la Nouvelle Société civile congolaise au Lualaba, invoque l’article 64 de la Constitution congolaise. Selon lui, celui-ci impose aux citoyens de faire échec à toute prise de pouvoir par la force. Il affirme que cette disposition s’applique à la démarche du nouveau mouvement.
Timo Roujean, représentant-pays de la Fondation Konrad Adenauer, relativise pour sa part l’influence politique de Joseph Kabila dans le Grand Katanga. Il juge que l’ancien président n’y bénéficie ni d’une forte popularité ni d’un bilan économique particulièrement positif, et doute de sa capacité à mobiliser largement la région.
Une adhésion qui reste incertaine
Les réactions recueillies à Kolwezi et dans le Lualaba font apparaître des appréciations opposées de l’ancien président : certains évoquent leur expérience de sa période au pouvoir, tandis que d’autres condamnent son choix de s’allier à des groupes armés. L’annonce du FRN, publiée par DW le 14 octobre 2026, ne suscite donc pas d’adhésion unanime dans cette région.
Source : DW-WORLD´s French Homepage (www.dw.com)
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