Parkinson : Rebrain teste son outil de ciblage, résultats attendus le 1er octobre à Marseille
Une stratégie de ciblage assistée par des modèles mathématiques est évaluée chez 128 patients atteints de la maladie de Parkinson. L’essai PARKEO 2 doit mer si cette méthode aide à mieux positionner les électrodes de stimulation cérébrale profonde, tout en limitant les risques liés à la stimulation de tissus voisins. Ses résultats sont attendus le 1er octobre 2026, à Marseille.
Un ciblage sensible à quelques millimètres près
La stimulation cérébrale profonde consiste à implanter des électrodes dans des zones profondes du cerveau, notamment le noyau sous-thalamique ou le globus pallidus. Pour certains patients, elle peut atténuer les tremblements et les dyskinésies. Le choix de l’emplacement des électrodes est toutefois délicat : les différences anatomiques entre les personnes et la proximité de tissus voisins peuvent influer sur l’efficacité du traitement et ses effets indésirables.
L’imagerie par résonance magnétique à haut champ, la tractographie et d’autres techniques de visualisation permettent de mieux observer les structures cérébrales concernées. Mais, comme le souligne le Pr Jean Régis, chef du service de neurochirurgie fonctionnelle de la Timone, à Marseille, l’enjeu est de repérer le « sweet spot » clinique, c’est-à-dire la zone offrant le meilleur compromis entre efficacité et sécurité.
Des données d’imagerie pour guider la planification
La start-up française Rebrain développe une méthode fondée sur des données d’imagerie et des informations cliniques recueillies auprès de patients déjà opérés. Des repères anatomiques sont identifiés sur les IRM, puis des modèles mathématiques supervisés analysent les différences entre patients et proposent une zone d’intérêt au chirurgien.
Cette proposition vise à aider au choix de la cible ; la source ne la présente pas comme un remplacement de la décision du chirurgien. Rebrain, créée en 2021, s’appuie sur une décennie de travaux menés au CHU de Bordeaux et avec l’Inria.
Un essai sur 128 patients
La stratégie est évaluée dans PARKEO 2, un essai multicentrique et randomisé portant sur 128 personnes atteintes de Parkinson. Il compare le ciblage proposé par cette approche à celui habituellement pratiqué dans les centres participants. L’étude examine son efficacité et sa précision, mais aussi sa sécurité et ses conséquences pour les patients, les équipes chirurgicales et le système de santé, avec une évaluation à un an.
Selon les informations publiées le 28 septembre 2026, les résultats doivent être présentés le 1er octobre lors d’un symposium du congrès WSSFN 2026 à Marseille, avant une publication scientifique. Ils ne sont donc pas encore disponibles à cette date.
Des applications envisagées au-delà de Parkinson
Si les résultats le permettent, la technologie pourrait être déployée et étudiée pour d’autres indications de neurochirurgie fonctionnelle, notamment le tremblement essentiel. Rebrain indique également développer des modèles de ciblage du globus pallidus internus, entre autres pour la dystonie. Ces applications restent à évaluer.
En France, plus de 270 000 personnes vivent avec la maladie de Parkinson, selon les chiffres cités par Futura. Ce nombre pourrait doubler d’ici 2050.
Source : Santé : les dernières actualités de Futura (www.futura-sciences.com)
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Auteur : Thibault Caudron, Journaliste
