Au Kenya, l’affaire de la jeune PAK expose le flou juridique entourant l’avortement
La récente décision d’une cour d’appel de Malindi, rendue le 24 avril 2026, a ravivé les débats autour du droit à l’avortement au Kenya. Ce jugement contredit une décision antérieure de 2022, affirmant que l’avortement n’est pas un droit fondamental garanti par la Constitution. Cette situation soulève des inquiétudes parmi les défenseurs des droits des femmes, dans un pays où des milliers de femmes meurent chaque année à la suite d’interruptions volontaires de grossesse pratiquées sans supervision médicale.
L’affaire en question remonte au 19 septembre 2019, lorsque PAK, un pseudonyme pour une adolescente de 16 ans, se rend d’urgence dans une clinique à Kilifi. Elle se plaint de douleurs abdominales, de vertiges et de saignements. Le médecin, Salim Mohammed, la diagnostique avec une fausse couche et lui administre un traitement approprié. Cependant, deux jours plus tard, des policiers font irruption dans la clinique et saisissent ses dossiers médicaux. Les deux, PAK et le médecin, sont arrêtés. PAK est accusée d’avoir pris des médicaments pour avorter, tandis que le praticien est accusé de lui avoir fourni ces substances.
Cette affaire illustre les complications juridiques entourant l’avortement au Kenya, où la législation reste floue et restrictive. Les manifestations ont eu lieu à Nairobi le 7 mai 2026, en réponse à la décision des tribunaux, soulignant le mécontentement croissant face à la situation des droits reproductifs dans le pays.
Selon les données de l’Organisation mondiale de la santé (OMS), environ 47 000 femmes meurent chaque année à cause de complications liées à des avortements non sécurisés dans le monde, une réalité qui met en lumière la nécessité d’une réforme des lois sur l’avortement au Kenya.
La lutte pour le droit à l’avortement se poursuit, mais les défis juridiques et sociétaux demeurent importants, exacerbés par un environnement politique conservateur.
Source : Le Monde