Affaire Cavalaire-sur-Mer : Anticor alerte sur des pratiques de favoritisme
Cavalaire-sur-Mer, commune balnéaire du Var, fait face à une enquête judiciaire suite à des allégations de favoritisme et de corruption dans le cadre de la rénovation de ses infrastructures portuaires. Philippe Leonelli, maire de la commune de 2014 à 2026, est au cœur de cette affaire.
En 2015, la commune a lancé un programme de rénovation de ses infrastructures portuaires, attribuant le premier marché, le 26 mars 2015, à la société STJL. Cependant, une part significative des prestations aurait été sous-traitée à Corinthe Ingénierie, sans que cette intervention ne soit mentionnée dans l’offre initiale. De plus, Corinthe Ingénierie aurait contribué à l’élaboration du dossier de candidature de STJL, facturée 30 000 euros.
Il est également rapporté que STJL aurait eu accès à des informations privilégiées sur les attentes de la commune, ce qui aurait pu favoriser sa candidature. Un marché public d’audit a été lancé, avec deux offres examinées : celle d’Acri-In et celle de Corinthe Ingénierie, suscitant des interrogations sur les liens entre leurs dirigeants.
Stéphan Lenormand, ancien président d’Acri-In, a fondé Corinthe Ingénierie quelques jours après avoir quitté son poste, et aurait eu accès à des études environnementales non disponibles pour les autres candidats. Ces accès pourraient avoir permis à Corinthe Ingénierie de présenter une offre plus compétitive, en violation des principes de la commande publique.
Des liens personnels entre M. Lenormand et le maire sont également évoqués. En mai 2014, alors qu’il était encore président d’Acri-In, il aurait contacté Philippe Leonelli concernant le marché public de rénovation du port, bien avant le lancement de la procédure d’appel d’offres.
Les montants des travaux ont également suscité des inquiétudes. Le marché initial, fixé à 678 809 euros, a fait l’objet de cinq avenants successifs, portant son montant total à 1 540 211 euros. Si ces faits sont avérés, ils pourraient être qualifiés de favoritisme.
Par ailleurs, Corinthe Ingénierie aurait financé des voyages à Marrakech, Dubaï et Bucarest pour le maire et d’autres responsables, ce qui pourrait constituer une contrepartie à l’attribution du marché.
La procédure judiciaire a été engagée par le groupe local Anticor, qui a signalé les faits au procureur de la République de Draguignan le 8 février 2018. Une information judiciaire a été ouverte en décembre 2019, et Anticor s’est constituée partie civile en juin 2020. Le maire et le président de Corinthe Ingénierie ont été mis en examen en mai 2023, et un procès a été tenu les 19 et 20 mai 2026.
Anticor souligne l’importance de garantir l’égalité de traitement dans les marchés publics, rappelant que ces procédures doivent servir l’intérêt général et préserver la confiance dans l’action publique.
Source : Anticor, procureur de la République de Draguignan.
