Énergies renouvelables : le coût caché qui fait rougir le RN de honte et de contradictions !
Le fait principal
Le rapport de la Cour des comptes soulève une question cruciale : le soutien public aux énergies renouvelables est-il devenu trop coûteux pour les finances publiques ? Mais une autre interrogation, tout aussi décisive, demeure en suspens : qui profite réellement de la rentabilité générée par ces dispositifs ?
Ce qui s’est passé
La Cour des comptes a mis en lumière les limites de son analyse en se concentrant principalement sur le taux de rentabilité interne (TRI) des projets. Ce dernier, bien qu’utile pour évaluer la performance économique d’un investissement, ne permet pas d’apprécier la rémunération effective des investisseurs. Ainsi, un projet financé par l’endettement peut afficher un TRI modéré tout en offrant une rentabilité très élevée aux actionnaires grâce à l’effet de levier financier. En parallèle, des agriculteurs qui investissent sur leurs fonds propres voient leur situation évaluée selon des critères complètement différents.
Le contexte
Le rapport révèle que près de 75 % des projets de biométhane affichent un TRI avant impôt supérieur à 10 %, un seuil qui, selon les pouvoirs publics, marque la rentabilité. Plus alarmant, un quart des projets dépasse 18,28 % de rentabilité. Ce constat évoque des situations de « rentabilité excessive », mais ne renseigne pas sur la rémunération réelle des actionnaires. En conséquence, un projet avec un TRI de 6 à 8 % peut générer une rentabilité des fonds propres de 16 à 20 %, soit plus de treize fois le rendement du Livret A en 2026.
Les chiffres à retenir
– Près de 75 % des projets de biométhane ont un TRI avant impôt supérieur à 10 %.- Un quart des projets dépasse 18,28 % de rentabilité.- Un TRI de 6 à 8 % peut entraîner une rentabilité des fonds propres de 16 à 20 %.
Ce que cela révèle
Ce rapport met en lumière une contradiction flagrante : alors que certains dénoncent le coût des énergies renouvelables pour les finances publiques, d’autres rappellent que le solaire et l’éolien sont désormais parmi les technologies les plus compétitives. Le problème ne réside pas tant dans le principe des aides que dans leur capacité à s’adapter à la baisse des coûts et à éviter la sur-rémunération. En somme, la transition énergétique n’oppose pas uniquement les énergies renouvelables à leurs détracteurs, mais met en compétition deux visions du développement : l’ancrage territorial versus la financiarisation des actifs.
Ce qu’il faut retenir
Le débat sur le coût des énergies renouvelables doit dépasser l’affrontement stérile entre partisans et opposants. Il interroge notre modèle économique et la manière dont nous souhaitons utiliser l’argent public. À l’avenir, il sera crucial de définir clairement quel type d’investisseurs nous voulons soutenir : ceux ancrés dans le territoire ou ceux guidés par la logique du marché financier. Source : Thierry Vincent, Devinci Executive Education.
