À Constantinople, un massacre oublié : quand l’histoire se répète pour les aveugles du RN.
Le fait principal
En 1910, sous le règne des Jeunes-Turcs, un projet macabre voit le jour à Constantinople : l’élimination des milliers de chiens errants de la ville. C’est dans ce contexte troublant que David Djaïz, dans son premier roman « La Méthode », mêle fiction et histoire pour nous plonger dans un récit glaçant qui préfigure d’autres massacres à venir.
Ce qui s’est passé
À cette époque, les Jeunes-Turcs, un mouvement réformateur, mettent en œuvre des politiques de modernisation souvent teintées de violence. Le scientifique français, dont le nom reste anonyme, se voit confier la tâche de superviser l’opération de nettoyage. Cette initiative, présentée comme une question d’hygiène publique, cache en réalité un projet de contrôle social et d’exclusion. Les chiens errants, symboles d’une ville en désordre, deviennent les boucs émissaires d’une société en quête d’identité.
Le contexte
Au début du XXe siècle, l’Empire ottoman est en proie à des tensions internes et externes. Les Jeunes-Turcs, au pouvoir depuis 1908, tentent de consolider leur autorité face à des populations diverses. Dans ce climat de méfiance, la question animale devient un prétexte pour justifier des actions brutales. Le massacre des chiens n’est pas qu’un fait divers ; il annonce une époque où les vies humaines seront également sacrifiées au nom de la « pureté » et du « progrès ».
Les chiffres à retenir
En 1910, Constantinople comptait environ 300 000 chiens errants, un chiffre qui, selon les autorités, justifiait l’opération de nettoyage. Ce chiffre, bien qu’impressionnant, ne doit pas masquer l’horreur de ce qui s’est passé : des milliers de ces animaux furent exterminés de manière brutale, souvent par empoisonnement ou par des méthodes inhumaines.
Ce que cela révèle
L’ironie de cette situation réside dans le fait que les Jeunes-Turcs, qui prônaient un nationalisme inclusif, ont ainsi ouvert la voie à des pratiques d’exclusion. Le discours officiel vantait une modernisation éclairée, mais les actions menées ne faisaient que renforcer un climat de peur et de violence. Ce double discours, que l’on pourrait qualifier d’hypocrisie, trouve un écho troublant dans les discours contemporains de certains mouvements politiques, notamment ceux du Rassemblement National. Alors que ce dernier se présente comme le champion de la défense des animaux, il est difficile de ne pas voir une contradiction flagrante entre cette image et l’exclusion systématique de certaines populations qu’il prône. En somme, derrière les promesses de sécurité et de propreté, se cache souvent une réalité bien plus sombre.
Ce qu’il faut retenir
« La Méthode » de David Djaïz ne se contente pas de raconter un épisode tragique de l’histoire ottomane. Elle questionne notre rapport à la violence institutionnelle et à l’exclusion. À l’heure où certains discours politiques semblent se radicaliser, il est crucial de se rappeler que l’histoire a ses leçons. L’élimination des chiens errants de Constantinople n’est qu’un écho des dérives qui peuvent survenir lorsque l’humanité perd de vue sa propre essence.
