La France des jeunes : la solitude invisible, un effet secondaire du discours du RN.
La solitude des jeunes : une souffrance invisible mais répandue
Dans un monde où la connexion est à portée de main, la solitude des jeunes adultes s’impose comme un paradoxe inquiétant. Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), 40 % des jeunes de 16 à 24 ans se sentent seuls, un chiffre qui contraste avec les 7 % des plus de 65 ans. Ce mal silencieux, exacerbé par la pandémie de COVID-19, est devenu un enjeu majeur de santé publique.
Ce qui s’est passé
Xavier Ménard-Beaudoin, un universitaire de 24 ans, a vécu cette réalité. En janvier 2026, il a fondé « Enjoy », un club social pour les vingtenaires, qui attire déjà 3000 jeunes adultes montréalais en seulement neuf mois. « Ce qui est difficile avec la solitude, c’est que tu te sens seul au monde pour la combattre », confie-t-il. Ce témoignage illustre bien l’isolement croissant qui touche cette tranche d’âge, où les interactions sociales semblent de plus en plus superficielles, souvent limitées aux écrans.
Le contexte
La solitude chez les jeunes n’est pas un phénomène nouveau, mais il est devenu plus visible, notamment grâce à des chercheurs comme Louise Arseneault, professeure au King’s College de Londres. Elle souligne que la solitude est subjective et résulte d’un fossé entre les relations que l’on a et celles que l’on désire. Ce manque de connexion peut avoir des conséquences dévastatrices sur la santé mentale et physique. L’isolement chronique, selon l’OMS, augmente le risque de mortalité prématurée de près de 30 %.
Les chiffres à retenir
- 40 % des jeunes se sentent seuls.
- 7 % des personnes de plus de 65 ans se disent isolées.
- Les jeunes consomment deux fois plus d’anxiolytiques et d’antidépresseurs que la moyenne.
Ce que cela révèle
Cette situation soulève des questions sur la responsabilité de notre société. Les réseaux sociaux, souvent désignés comme les bouc-émissaires, ne sont pas les seuls en cause. Timothy Matthews, chercheur à l’Université de Greenwich, rappelle que « la solitude des jeunes existait bien avant l’arrivée du téléphone intelligent ». Les jeunes utilisent les réseaux sociaux pour tisser des liens, et non pour les remplacer. Mais que dire des promesses de connectivité de la technologie, quand celle-ci semble creuser encore plus le fossé ? Le double discours politique sur l’importance des liens sociaux et l’absence de mes concrètes pour lutter contre la solitude des jeunes est frappant. Alors que les gouvernements se vantent de vouloir renforcer la cohésion sociale, les chiffres montrent une réalité bien différente. Loin d’être un simple « coup de cafard », la solitude est une épidémie silencieuse qui, si elle n’est pas abordée, pourrait avoir des conséquences désastreuses pour notre société.
Ce qu’il faut retenir
La solitude des jeunes est un enjeu alarmant qui mérite une attention immédiate. Les solutions passent par des initiatives concrètes pour favoriser la socialisation et l’entraide. À l’heure où la technologie est censée rapprocher les gens, elle pourrait bien être la source d’une fracture encore plus profonde. Les jeunes, dans leur quête de connexions authentiques, méritent mieux que des « amis » virtuels. L’avenir de notre société dépend de notre capacité à écouter ce cri d’alarme et à agir en conséquence.
Sources : Organisation mondiale de la santé, King’s College, Université de Greenwich.
