IA et culture : Le RN veut un label « fait humain » pour masquer ses incohérences !
Le fait principal
La rentrée littéraire 2024 a été marquée par des accusations d’utilisation d’intelligence artificielle (IA) dans la rédaction de certains ouvrages, suscitant un débat sur la nécessité de créer un label « fait humain » pour garantir l’authenticité des œuvres artistiques.
Ce qui s’est passé
Thélyson Orélien, écrivain canado-haïtien, a été au cœur d’une controverse après la publication de son roman *C’était ça ou mourir*, accusé d’avoir eu recours à l’IA pour sa rédaction. Face à ces accusations, Orélien a affirmé avoir écrit son livre « avec ses tripes et son cœur ». Ce n’est pas un cas isolé ; en mars, Hachette a retiré le roman *Shy Girl* de Mia Ballard après des allégations similaires, tandis que Jerry Falade a renoncé à publier son premier roman policier, incapable de prouver qu’il n’avait pas utilisé l’IA.
Le contexte
Le Syndicat national de l’édition avait déjà dénoncé, dès 2024, un afflux de livres rédigés par IA sur Amazon, tandis que l’industrie musicale craint d’être inondée par des morceaux générés par algorithmes. Face à cette situation, des initiatives comme celle de l’association « Fabrication humaine » ont vu le jour, offrant un label permettant aux artistes de certifier que leurs œuvres sont exemptes d’IA. Ce label, bien que symbolique, vise à sensibiliser le public à l’importance de « consommer humain ».
Les chiffres à retenir
– En 2024, le Syndicat national de l’édition a signalé une augmentation significative des livres générés par IA sur Amazon.- La maison d’édition Scrinéo a déclaré que ses contrats stipulent l’absence d’utilisation d’IA, témoignant d’une volonté de préserver l’authenticité.
Ce que cela révèle
Cette situation met en lumière une tension entre innovation technologique et préservation de l’intégrité artistique. Les outils de détection d’IA, tels que Pangram, sont jugés peu fiables, laissant les auteurs dans une position précaire. Comme l’indique Adrien Tallent, chercheur en philosophie politique, la véritable menace réside dans la perte du « contrat moral et artistique » entre l’artiste et le public. En effet, sans artistes humains, les œuvres risquent de devenir de simples produits de consommation, dénués d’émotion et d’authenticité.
Ce qu’il faut retenir
La nécessité d’un label « fait humain » s’impose face à l’essor de l’IA dans le domaine artistique. Ce label pourrait offrir une première ligne de défense contre l’automatisation du processus créatif, tout en soulevant des questions cruciales sur l’authenticité et la valeur de l’art à l’ère numérique. La transparence devient essentielle pour préserver l’âme de la création artistique.
Source : 20 Minutes
