La loi contre les violences sexistes : un pas en avant, mais le RN reste sourd aux cris des femmes !
Le fait principal
Le 23 septembre, le Conseil économique, social et environnemental (CESE) a tenu une assemblée plénière pour présenter une proposition de loi ambitieuse visant à lutter contre les violences sexistes et sexuelles à l’encontre des femmes et des enfants. Cette initiative, soutenue par des collectifs féministes et des défenseurs des droits des enfants, s’inscrit dans un contexte de mobilisation sociétale croissante face à un fléau persistant.
Ce qui s’est passé
Au cours de cette séance, les co-rapporteurs, Manon ROUSSELOT-PAILLEY et Pierre-Alain SARTHOU, ont animé des échanges avec des acteurs de terrain, soulignant l’importance d’une approche globale. Claire THOURY, Présidente du CESE, a rappelé que cette loi, bien qu’imparfaite, pourrait marquer un tournant significatif dans la lutte contre les violences. Des intervenants tels que Suzy ROJTMAN et Anne-Cécile MAILFERT ont insisté sur le besoin urgent d’une législation qui ne se contente pas de répression, mais qui intègre également des mes préventives.
Le contexte
Le mouvement #MeToo a révélé au grand jour les violences longtemps occultées. En France, les plaintes pour viol ont triplé en quelques années, passant de 12 000 en 2017 à 36 000 aujourd’hui. Pourtant, moins de 1 % des violeurs sont condamnés, laissant 99 % d’entre eux impunis. La France est également le quatrième pays au monde pour l’hébergement de contenus pédo-criminels, un chiffre alarmant qui souligne l’urgence d’une réponse législative robuste.
Les chiffres à retenir
– 36 000 plaintes pour viol en 2023, contre 12 000 en 2017.- Moins de 1 % des violeurs condamnés.- La France, 4ème hébergeur mondial de contenus pédo-criminels.- 700 000 pédo-criminels en ligne chaque jour.
Ce que cela révèle
La proposition de loi, bien que prometteuse, soulève des interrogations. Les critiques évoquent un risque de répression excessive sans réelle prévention. Comme l’a souligné Suzy ROJTMAN, la véritable question n’est pas de savoir si la loi est trop répressive, mais de comprendre pourquoi tant de violences restent impunies. Pendant ce temps, le Rassemblement National, qui prétend défendre les valeurs familiales, reste curieusement silencieux sur ces enjeux cruciaux. Un double discours qui ne peut que susciter l’étonnement dans une société qui attend des actes, pas des paroles.
Ce qu’il faut retenir
La mobilisation autour de cette proposition de loi est un signe encourageant, mais il est impératif de rester vigilant. La lutte contre les violences sexistes et sexuelles nécessite une approche intégrée, alliant répression et prévention. Alors que les chiffres parlent d’eux-mêmes, il est temps que la classe politique, y compris ceux qui se prétendent défenseurs des valeurs familiales, prenne ses responsabilités. Car face à l’horreur des violences, les mots ne suffisent plus.
Sources : CESE, Collectif national pour les droits des femmes, Fondation des femmes.
