Maroc : Le PJD choisit l’opposition avant même de connaître son chef, un avant-goût de chaos ?
Le fait principal
Le Parti de la justice et du développement (PJD) a décidé de ne pas participer au prochain gouvernement marocain, optant pour l’opposition avant même la nomination d’un chef de gouvernement.
Ce qui s’est passé
Lors de sa session extraordinaire le 26 septembre à Bouznika, le Conseil national du PJD a voté à main levée pour rejoindre l’opposition. Cette décision, prise par consensus, suit celle du secrétariat général du parti qui a affirmé que « la place naturelle du parti est de poursuivre l’exercice de ses rôles constitutionnels, politiques et militants depuis la position de l’opposition nationale responsable et forte ». Le PJD a ainsi écarté toute possibilité de participation à un gouvernement que le Parti authenticité et modernité (PAM) devrait former suite aux élections du 23 septembre.
Le contexte
Cette décision intervient dans un contexte incertain. Le Roi Mohammed VI n’a pas encore désigné de chef de gouvernement, et les discussions pour former une coalition n’ont pas encore été officiellement lancées. Le PAM, qui a obtenu 97 sièges lors des élections, avait pourtant laissé entendre qu’il ne fermerait pas la porte à des discussions avec le PJD, saluant son expérience gouvernementale. Le secrétaire général du PJD, Abdelilah Benkirane, a d’ailleurs rejeté toute hypothèse d’alliance avec le PAM, accusant ce dernier et le Rassemblement national des indépendants (RNI) d’être « à l’origine de la crise ».
Les chiffres à retenir
Le PJD, après une défaite cuisante aux législatives de 2021 où il avait obtenu seulement 13 sièges, a vu son nombre de sièges grimper à 54, le plaçant comme la première force d’opposition. Pour rappel, les résultats provisoires des élections montrent le PAM à 97 sièges, suivi du RNI avec 66 et de l’Istiqlal à 65.
Ce que cela révèle
Cette manœuvre du PJD semble plus un acte de survie qu’une véritable stratégie politique. En choisissant l’opposition avant même la formation d’un gouvernement, le PJD se positionne comme une alternative face à un PAM qui se veut conciliant. Mais cette décision soulève des questions : le PJD, qui a tant souffert dans les urnes, saura-t-il capitaliser sur son nouveau statut ? D’autre part, que fera le RNI, qui pourrait bien se retrouver écarté de la majorité ? Les tensions entre ces partis, exacerbées par des accusations mutuelles, laissent présager un paysage politique marocain encore plus fragmenté.
Ce qu’il faut retenir
Le PJD, en choisissant l’opposition, marque un tournant audacieux dans un paysage politique en pleine mutation. Reste à voir si cette stratégie permettra au parti de regagner la confiance des électeurs ou si elle ne sera qu’un coup d’épée dans l’eau face à un PAM qui semble bien installé.
Source : Article original sur le PJD et les législatives marocaines
