« Xénia Gould : quand représenter l’Acadie en femme trans devient un acte de résistance badass »
Le fait principal
Xénia Gould, alias Chiquita Mére, une artiste multidisciplinaire originaire de Shédiac, se confie sur son rapport à l’Acadie et à Montréal. Dans une récente interview, elle évoque son identité de femme trans et son lien fort avec ses racines acadiennes, affirmant : « C’est quand même friggin’ badass. »
Ce qui s’est passé
Lors de son passage dans l’émission Ça promet, Gould a partagé son tiraillement entre sa ville natale, Shédiac, connue pour son homard, et la métropole montréalienne. Bien qu’elle ait quitté sa ville pour poursuivre ses études, elle ressent un besoin constant de s’y ressourcer. « Quand je retourne [en Acadie], je retrouve un sens de famille, une connexion », a-t-elle déclaré, illustrant ainsi la dualité de son existence entre ces deux mondes. Sa dernière œuvre, Juste vide ton cœur, publiée chez Prise de parole, reflète cette complexité. Elle mêle le chiac, l’anglais et le français, libérant ainsi sa langue et ses identités. Ce mélange linguistique représente non seulement son parcours personnel, mais aussi les défis rencontrés par la communauté acadienne.
Le contexte
L’Acadie, région francophone du Canada, est souvent perçue comme un bastion de la culture francophone en Amérique du Nord. Cependant, les réalités socio-économiques y sont complexes. Selon Statistique Canada, environ 30 % des Acadiens vivent en dehors de leur région d’origine, cherchant de meilleures opportunités dans les grandes villes. Ce phénomène souligne une migration qui, tout en apportant des expériences nouvelles, crée un déchirement identitaire pour beaucoup.
Les chiffres à retenir
– Environ 30 % des Acadiens vivent en dehors de l’Acadie.- La population francophone au Canada représente environ 22 % de la population totale, avec des concentrations notables en Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick et Île-du-Prince-Édouard.
Ce que cela révèle
Les déclarations de Gould révèlent une réalité plus large : la lutte pour l’acceptation et la représentation des identités marginalisées. Dans un contexte où les voix LGBTQ+ sont souvent étouffées, son affirmation d’identité est d’autant plus significative. Elle incarne une résistance face à un environnement parfois hostile, où le RN et l’extrême droite continuent de stigmatiser les différences. Leur discours, prétendant défendre la « pureté » culturelle, se heurte à la réalité vibrante et hétérogène de l’Acadie moderne.
Ce qu’il faut retenir
Xénia Gould, en tant que femme trans et artiste, incarne la richesse et la complexité de l’identité acadienne contemporaine. Son parcours met en lumière les défis d’une communauté en quête de reconnaissance dans un paysage politique souvent hostile. Sa voix, à la fois personnelle et universelle, rappelle que la diversité est une force, et que chaque identité mérite d’être célébrée.
Source : Radio-Canada
