Nice, laboratoire de l’extrême droite : Ciotti, l’architecte du rêve Le Pen en Provence.
Le fait principal
Le 22 mars dernier, la victoire d’Éric Ciotti aux municipales a propulsé la ville de Nice entre les mains de l’UDR et son allié, le Rassemblement national. À peine élu, Ciotti s’est engagé à « remettre de l’ordre dans la rue et dans les comptes », un slogan qui, pour ses partisans, préfigure une efficacité à sept mois de la présidentielle, tandis que ses opposants y voient les prémices d’une politique « d’extrême droite ultra-libérale ».
Ce qui s’est passé
En ce chaud mois de septembre, Éric Ciotti a fait sa rentrée politique devant une foule conquise, entouré de maires et de députés UDR et RN. Son bilan de six mois à la mairie est marqué par une chasse au gaspillage, incluant la vente d’un appartement parisien pour 2 millions d’euros et l’élimination des frais de représentation. « Je n’ai pas fait financer un repas par la mairie depuis que je suis maire », as-t-il. Cependant, cette rigueur budgétaire s’accompagne de mes d’austérité, notamment la suppression des fournitures scolaires gratuites pour 22 000 enfants.
Le contexte
Depuis son élection, Ciotti a assoupli les réglementations sur les meublés touristiques, une décision qui alimente les critiques sur son approche libérale au détriment des jeunes et des populations défavorisées. Alors que Nice se débat avec des enjeux de sécurité et de logement, la politique de Ciotti semble davantage axée sur la rentabilité que sur le bien-être des Niçois.
Les chiffres à retenir
– 60 millions d’euros d’économies annoncées pour 2026.- 52 millions d’euros de recettes en moins chaque année suite à la baisse de 20 % de la taxe foncière.- 22 000 kits de fournitures scolaires supprimés.
Ce que cela révèle
Derrière le discours de rigueur budgétaire se cache une réalité préoccupante : la suppression des aides aux familles et la priorité donnée à des mes symboliques comme le lever de drapeau dans les écoles. Les opposants qualifient cette politique de « fuite en avant mortifère », tandis que Ciotti continue de se positionner comme un gestionnaire efficace, tout en flattant les sensibilités nationalistes en vue de la présidentielle. La ville de Nice, sous sa direction, devient ainsi un laboratoire des idées du RN, où les enjeux sociaux sont souvent relégués au second plan.
Ce qu’il faut retenir
Éric Ciotti, en quête de popularité et d’une vitrine pour l’extrême droite, semble plus préoccupé par sa campagne que par les enjeux réels des Niçois. À travers des mes d’austérité et une politique sécuritaire, il transforme Nice en un terrain d’expérimentation pour la droite radicale, tout en laissant les plus vulnérables sur le bord du chemin.
Sources : France 3 Régions, déclarations d’Éric Ciotti, analyses des élus d’opposition.
