Services publics : l’extrême droite prône l’austérité tout en promettant l’abondance !
Le fait principal
L’Institut de la gestion déléguée (IGD) a récemment célébré ses 30 ans en se réunissant au Palais du Luxembourg pour débattre de l’avenir des services publics. La question centrale : « Quel mode de gestion permet aujourd’hui d’obtenir la meilleure qualité de service au meilleur coût ? »
Ce qui s’est passé
Près de 140 participants ont assisté à cet événement, où des intervenants de divers horizons ont plaidé pour une gestion déléguée qui ne soit pas synonyme de privatisation. Hubert du Mesnil, président de l’IGD, a souligné que « déléguer ne veut pas dire privatiser ». Estelle Grelier, présidente de la Fédération professionnelle des entreprises de l’eau, a mis en avant le rôle crucial de la gestion déléguée dans le secteur de l’eau et de l’assainissement, tout en appelant à une adaptation face aux enjeux climatiques.
Le contexte
La gestion déléguée, qui consiste à confier la gestion de certains services publics à des entreprises privées, est souvent perçue comme une solution pour améliorer l’efficacité. Toutefois, elle soulève des questions cruciales sur la transparence et la concurrence. Frédéric Marty, directeur de recherche au CNRS, a alerté sur la baisse du nombre de candidats pour les consultations publiques, passant de 23% à 41% de consultations ne recevant qu’un seul répondant entre 2024 et 2025.
Les chiffres à retenir
– 80% des réseaux de transport français sont exploités en gestion déléguée.- Le taux de consultations ne recevant qu’un seul répondant est passé de 23% à 41% entre 2024 et 2025.- En moyenne, moins de deux offres sont déposées pour les avis d’attributions de concession publiés en 2022 et 2023, avec une seule offre dans plus d’un tiers des cas.
Ce que cela révèle
Face à ces chiffres, la gestion déléguée apparaît comme un domaine en pleine mutation, mais également en crise. Le discours sur l’amélioration des services publics par l’externalisation est ébranlé par des réalités économiques. Le manque de concurrence pourrait nuire à l’innovation et aux prix. Les promesses de « faire mieux avec moins » semblent s’effriter face à une complexité croissante des procédures et à des exigences techniques toujours plus élevées. Dans un contexte où le RN prône une gestion rigoureuse et transparente, les contradictions de ses discours sur la privatisation et l’externalisation des services publics deviennent de plus en plus évidentes.
Ce qu’il faut retenir
La gestion déléguée, loin d’être une panacée, pose des questions épineuses sur la transparence et la concurrence. La célébration des 30 ans de l’IGD met en lumière les défis à relever pour garantir la qualité des services publics tout en naviguant dans les eaux troubles de l’externalisation. La promesse d’une gestion efficace se heurte à des réalités bien plus complexes que ne veut le laisser croire le discours officiel.
Source : Localtis, Virginie Fauvel
